mardi 8 novembre 2016

Veronika décide de mourir - Paulo Coelho



Quatrième de couverture:


Veronika a les mêmes rêves, les mêmes désirs que tous les jeunes gens du monde. Elle a un métier raisonnable et vit dans un petit appartement, s'offrant ainsi le plaisir d'avoir un coin à elle. Elle fréquente les bars, rencontre des hommes. Pourtant, Veronika n'est pas heureuse. Quelque chose lui manque. Alors, le matin du 11 Novembre 1997, Veronika décide de mourir.
Imagination et rêves, amour et folie. Désir et mort. Alors qu'elle s'approche de la mort, Veronika se rend compte que chaque moment de la vie constitue un choix, celui de vivre ou d'abandonner.
Veronika expérimente de nouveaux plaisirs et découvre qu'il y a toujours un sens à la vie. Mais la vie est courte. Veronika a décidé de mourir, et maintenant, elle ne peut renoncer.


Quelques infos:


Date de parution: 1998
Edition: J'ai lu
Pages: 223

Pourquoi j'ai choisi ce livre:


On me l'avait conseillé, je l'ai acheté et je l'ai abandonné dans ma bibliothèque pendant des années. J'avais peur qu'il soit trop déprimant et je trouve le résumé assez mauvais d'ailleurs. Lors du challenge "Coupe des 4 maisons" il fallait trouver un livre ayant pour thème la mort ou la maladie. C'était le seul de ma PAL qui rentrait dans le cadre. 

Mon avis:


Veronika, lassée de la morosité de son existence, fait une tentative de suicide et se réveille dans un hôpital psychiatrique où on lui annonce que la quantité de médicaments ingérés a irrémédiablement abîmé son cœur et qu'il ne lui reste plus que quelques jours à vivre. Elle rencontre les pensionnaires de cet hôpital qui vont lui permettre d'avancer et de modifier sa perception de sa propre vie et du monde qui l'entoure.

Si vous choisissez ce livre pour plonger dans l'univers des hôpitaux psychiatriques ou pour en apprendre plus sur ce qui pousse au suicide, passez votre chemin, vous risquez d'être déçu. Ce livre tient plus du conte philosophique.  Les personnages ne sont là que pour délivrer un message, servir une morale. Le livre est court, l'auteur n'a pas  approfondi la personnalité de Veronika par exemple et le lecteur peut ne pas comprendre ses choix. L'ambiance de l'hôpital est particulièrement pesante et pourtant ici et là, le récit s'illumine, le champ des possibilités s'ouvre. Veronika rencontre des gens qui vont lui permettre de s'interroger sur les erreurs qu'elle a commise et vont l'aider trouver des réponses sur le sens de la vie.
Cet échange n'est pas à sens unique, Veronika elle même va les aider, pour certains à retourner dans la "vraie" vie, hors des murs de l'hôpital, pour d'autres à communiquer avec l'extérieur.

J'ai passé un bon moment. Même si certains passages m'ont échappé (notamment le 3e chapitre où l'auteur parle de lui même à la 3e personne) et que j'ai aisément deviné la fin, j'ai été agréablement surprise de trouver un roman au final très optimiste. Il y a de jolies phrases et je me retrouve tout à fait dans le message délivré par l'auteur.


"Ah! si chacun pouvait reconnaître sa propre folie intérieure et vivre avec! Le monde irait-il plus mal? Non, les gens seraient plus justes et plus heureux."



Citations:


"La folie c'est l'incapacité de communiquer ses idées. Comme si tu te trouvais dans un pays étranger: tu vois tout, tu perçois ce qui se passe autour de toi, mais tu es incapable de t'expliquer et d'obtenir de l'aide parce que tu ne comprends pas la langue du pays."

"Qu'est ce que le Moi véritable? (...) C'est ce que tu es et non ce qu'on a fait de toi."


"Vous êtes une personne différente qui veut ressembler aux autres (...) C'est grave de s'obliger à ressembler à tout le monde: cela provoque des névroses, des psychoses, des paranoïas."


"Sois comme la source qui déborde et non comme l'étang qui contient toujours la même eau."





Challenge Coupe des 4 maisons: Little Hangleton, livre qui traite de la mort ou de la maladie, 120 points (item éphémère)
Challenge Les jeux olympiques: Pays: Brésil, Continent: Amérique, 4 pays sur 10

mercredi 2 novembre 2016

Animaux - Ingela P Arrhenius



Avec ses 34 cm de large pour 46 cm de hauteur, ce livre géant n'est pas fait pour passer inaperçu! La Crevette et moi ne pouvions pas l'ignorer alors qu'il trônait tout seul sur son étagère à la bibliothèque. Et je suis tombée immédiatement sous le charme de ce livre. Voyez un peu:




Chaque animal a le droit à sa propre page, tête d'affiche. Les illustrations ont un petit côté vintage qui me rappelle les publicités d'antan.




Les animaux sont bien représentés et ont une bouille rigolote. La Crevette a pu reconnaître la plupart d'entre eux.




Alors non, il ne s'agit pas d'un énième bestiaire imagé mais d'un livre particulièrement original qui mérite sa place dans notre bibliothèque. Peut être même qu'il pourrait rentrer dans la hotte du Père Noël...!

Voici ma 10e participation au rendez-vous hebdomadaire Chut les enfants lisent... du blog de Yolina Devine qui vient bloguer



mardi 1 novembre 2016

Une dernière danse - Victoria Hislop



Quatrième de couverture:


Quand elle arrive à Grenade pour y prendre des cours de danse, Sonia, jeune Londonienne, ne sait rien du passé de la ville. Une conversation avec le patron du café El Barril la plonge dans la tragique destinée de la famille Ramirez: dans les années 1930 vivaient dans ces lieux trois frères aux idéaux opposés, veillant jalousement sur leur jeune soeur, Mercedes, passionnée de flamenco. Tandis que celle-ci tombe amoureuse du guitariste gitan qui l'accompagne, l'Espagne sombre dans la guerre civile. Quel camp chacun va-t-il choisir? Quels secrets et trahisons vont déchirer la fratrie à jamais? Happée par ce récit de feu et de sang, Sonia est loin d'imaginer que sa propre existence en sera bouleversée.

Quelques infos:


Date de parution: 6/05/2015
Editeur: Le livre de poche
Pages: 613

Pourquoi j'ai choisi ce livre:


Dans le cadre du challenge Coupe des 4 maisons, je devais lire un livre parlant de danse. Dans ce roman, le flamenco est omniprésent. Et s'il y a bien une partie de l'Histoire qui m'est inconnu, c'est bien la guerre d'Espagne (faut reconnaître que ce n'est pas la seule!). C'était l'occasion d'en savoir plus sur cette guerre qui a ensanglanté l'Espagne au 20e siècle.


Mon avis:


Ce roman est partagé en trois parties.
La première est consacrée à Sonia. Jeune londonienne, mariée à un homme riche auprès duquel elle s'ennuie. Les cours de salsa lui donne l'occasion de s'évader d'un quotidien morose. Sa meilleure amie l'embarque pour un voyage en Espagne afin d'y prendre des cours de salsa. Elle y rencontre Miguel, un vieil homme, patron d'un bar qui lui fait découvrir l'histoire de sa ville en lui racontant le tragique destin de la famille Ramirez. 

Dès le début, j'ai pensé que cette lecture allait être difficile. Effectivement, les longues descriptions des scènes de danse étaient particulièrement ennuyeuses. J'ai également trouvé le personnage de Sonia fade et sans épaisseur. J'avais adoré ma lecture précédente... La transition a été d'autant plus difficile....

La deuxième partie est un (petit) peu mieux. On fait la connaissance de la famille Ramirez dont le quotidien est bouleversé par l'arrivée des nationalistes au pouvoir. La lecture m'a parue plus aisée car c'était ce que j'étais venue y chercher. Les scènes de corrida m'ont clairement dérangée (je ne me suis pas gênée pour sauter quelques pages) et les scènes de danse m'ont toujours paru aussi monotones....
La troisième partie nous fait sauter quelques décennies et nous apprend le devenir de cette famille espagnole. Mais alors, la conclusion est vraiment tirée par les cheveux. Je ne veux rien en dire de plus pour ne spoilier l'histoire, mais franchement, j'ai failli en rire.

Ce final m'a fait définitivement choisir la catégorie "daube" pour ce livre, mal écrit, des personnages sans épaisseur, bref.... A oublier très vite!




Challenge Coupe des 4 maisons:Tarentallegra, livre qui parle de danse,  60 points

lundi 24 octobre 2016

Dans les prairies étoilées - Marie-Sabine Roger



Quatrième de couverture:



L'artiste (moi), l'air inspiré et la mèche en bataille, un muscat frais à point à portée de la main, dessine sur les arbres, en marcel à trous- trous, pour mettre en valeur ses pectoraux d'aquarelliste. En fond de décor, Prune, en petit short blanc et lunettes de soleil, répond aux critiques d'art venu par cars entiers et massés derrière le portail, qui tentent d'apercevoir l'artiste (moi), et de saisir la portée universelle de cette création en train de naître, là-bas, sous les yeux ébahis et son trait magistral.

Prune et Merlin ont quitté la vie citadine pour une vieille ferme pleine de promesses et de travaux à faire, perdue dans la campagne. Auteur de bande dessinée et aquarelliste animalier, Merlin pense accéder enfin au bonheur absolu. Mais la vie ouvre soudain un de ces chapitres sombres. Son meilleur pote, celui qui lui a inspiré son héros préféré et lui a apporté la gloire...
Que va devenir l'univers de Merlin ? Marie-Sabine Roger donne naissance à une tribu de personnages attachants inattendus, et nous entraîne à sa suite dans l'imaginaire d'un artiste aux prises avec sa création.

Quelques infos:


Date de parution: 04/05/2016
Editeurs: Le Rouergue
Pages: 302

Pourquoi j'ai choisi ce livre:


Paru au printemps 2016, il s'agit du dernier roman de mon auteur fétiche! Je n'ai même pas eu besoin de lire le résumé, je me suis plongée immédiatement dans sa lecture.

Mon avis:



J'ai retrouvé avec bonheur la plume admirable de Marie-Sabine Roger. Plongé dans les pensées de Merlin c'est à travers ses yeux que nous faisons connaissance avec sa vie, son oeuvre, sa Prune, sa ferme, son meilleur pote, ses chats et toute une galerie de personnages secondaires (mention spéciale à Tante Foune qu'on adore détester et Cirrhose, une chatte furieuse en qui j'ai cru reconnaître une certaine Môminette!) 
Comme d'habitude, avec son écriture drôle et son sens de la formule, Marie-Sabine Roger aborde avec sincérité des thèmes tels que l'amitié, la mort, l'art...

Sa plume se fait tendre pour parler d'amour...

Depuis que je la connais, je n'ai cessé d'être amoureux fou d'elle, et je crois bien que ça s'aggrave, comme tout affection de très longue durée. J'ai posé sa main à sa place dédiée, au milieu de sa cuisse mince. C'est une geste qui me rassure, qui me fait me sentir vivant. Elle a souri, en posant sa main sur la mienne.

ou pudique quand elle parle du deuil...

L'ami qui part, ou l'amant, ou l'enfant, c'est toute une saison de la vie qui s'achève, et jamais plus ne reviendra. Il nous faut accepter ces puits creusés à vif dans la chair des mémoires, nous asseoir sur le bord un instant et pleurer, puis repartir, et laisser derrière nous des paysages effacés à jamais et qui ne vivront plus que dans nos souvenirs.

Sa faculté à trouver les mots justes pour exprimer des ressentis, des situations déjà vécues m'émeut ou me fait sourire à chaque fois, c'est selon.... 

Ce n'est pas l'ampleur des dégâts qui fait l'étendue de la peine. J'en ai connu qui pensaient au suicide après avoir perdu un album de photos. Mais le plus étrange, c'est que l'épreuve surgit souvent à l'instant même où le bonheur semblait acquis. Avec une précision de frappe chirurgicale.

J'ai donc retrouvé ici tout ce que j'aime dans l'écriture de Marie-Sabine Roger. Mais plus encore, j'ai découvert un univers. Elle aborde ici le thème de la création artistique et de cette relation particulière qui unit un auteur et son public. J'ai aimé voir Merlin réfléchir, hésiter, dessiner, raturer, s’enthousiasmer sur sa planche à dessin et assister à la naissance de son oeuvre. 

J'ai refermé ce livre avec un doux plaisir mélancolique de devoir quitter ces personnages si attachants. 

 Ces gens-là sans qui, nous, lecteurs, ne serions pas ce que nous sommes. Moins de rêves en nous, moins de lieux visités, moins de voix chuchotant la vie à nos oreilles. Gamins à qui personne ne viendrait raconter des histoires, jamais, et qui auraient perdu leurs yeux émerveillés.


Encore quelques jolies phrases:


Les femmes ont une force que nous sommes loin d'avoir, Merlin. Mais tout le mérite nous en revient: grâce à nous, elles sont des siècles d'apprentissage derrière elles. Des siècles d'esclavage, de soumission, de tartes dans la gueule. Et malgré tout, elles vivent, elles survivent, elles se battent. Elle se marrent. Et à la fin de leur vie, elles ne chialent pas sur elles-mêmes, comme je suis en train de le faire. On est vraiment des amateurs à côté d'elles.

Prune est persuadée que le temps est un allié. Elle croit qu'en s'écoulant, il arrange les choses. Tout devrait lui prouver le contraire, à commencer par nous pauvres humains. Nous vieillissons. Nous finissons. Et les étoiles meurent. Les montagnes s'érodent. Les fleuves se tarissent. 
Mais j'ai beau lui énumérer tout ce que le temps détruit, elle m'opposera que le printemps revient, que les arbres refleurissent, et que nous nous sommes rencontrés au mitan de nos vies.
La peste soit des gens qui voient la vie en rose.


Quand on a de la merde dans les yeux, on se croit entouré d'étrons.



Il y en aurait tant d'autres, mais il me faudrait pour cela taper la quasi totalité du roman....




Challenge Coupe des 4 maisons: Dragées surprise, un livre dont vous n'avez pas lu le résumé, 20 points



jeudi 20 octobre 2016

Écoutez nos défaites - Laurent Gaudé




Quatrième de couverture:



Il a mené de opérations pour les renseignements français de Bamako à Genève, de Beyrouth à Tanger. Il a vu des régimes tomber, des peuples se relever, des hommes mourir. Aujourd'hui, Assem Graïeb est fatigué. La mission qu'il accepte est peut-être la dernière: retrouver un ancien membre des commandos d'élite américains soupçonné de divers trafics. A Zurich, Assem croise Mariam, une archéologue irakienne qui tente de sauver des œuvres d'art dans la zone dévastée du Moyen-Orient. En une nuit, tous deux partagent bien plus que quelques heures d'amour.
En contrepoint de cette rencontre, le récit fait retentir le chant de trois héros glorieux: le général Grant écrasant les confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Selassié se dressant contre l'envahisseur fasciste. Mais quand une bataille se gagne au prix de vie fauchées, de corps suppliciés, de terres éventrées, comment prétendre qu'il s'agit d'une victoire?
Évocation tremblée d'un monde contemporain insondable, Ecoutez nos défaites compose une épopée mélancolique et inquiète qui constate la folie des hommes et célèbre l'émotion, l'art, la beauté - seuls remèdes à la tentation de la capitulation face au temps qui passe.

Quelques infos:


Date de parution: 17/08/2016
Editeurs: Acte Sud
Pages: 288


Pourquoi j'ai choisi ce livre:


Roman de la rentrée 2016, il rencontre un beau succès sur la blogosphère littéraire. J'ai eu l'occasion de le trouver à la bibliothèque et je me suis plongée dans sa lecture.


Mon avis:



Voilà l'histoire de six personnes: trois personnages fictifs, trois personnages historiques. Leur point commun: il se battent, contre un envahisseur, un empire, une maladie ou l'ennemi public numéro un. L'Histoire en fera des vainqueurs ou des vaincus mais sur le moment, tous semblent dépassés par les événements auxquels ils contribuent.

Nous plongeons dans les réflexions intimes de personnages historiques ou d'agents secrets, ces faiseurs d'Histoire qui, sous la plume de Laurent Gaudé, deviennent des êtres humains à part entière. Ils veulent gagner leur bataille mais ils ont pleine conscience de l'absurdité de la guerre. Aucun livre d'histoire ne nous a fait imaginer le général Grant en train de décompter le nombre de soldats tués en une heure, ni Hannibal retourner sur le champ de bataille pour constater le carnage: 45 000 morts.
45 000 !!!!! Inimaginable!
Et cela se répète inlassablement.... De quoi cultiver ma misanthropie!


"Mais où est la victoire quand tout continue sans cesse? Y en a t'il eu une seule dans toute sa vie d'opérations? Une victoire qui clôturera vraiment un état de guerre, et construirait la paix?"

Cette question est le fil conducteur de ce roman à la construction originale. Au sein d'un même chapitre, on saute d'une histoire à une autre sans transition aucune. Les repères temporels sont abolis, une façon peut-être pour l'auteur de démontrer que peu importe les époques, de l'Antiquité à nos jours, l'histoire se répète.

"Les siècles ont passé. Les historiens ont écrit, encore et encore, sur chaque massacre, chaque génocide, chaque convulsion de l'Histoire. "Plus jamais cela". Chaque génération a prononcé cette phrase. Est-ce que l'Histoire ne sert à rien?"

Cette construction m'a clairement déstabilisée lors du premier chapitre notamment. Puis les transitions se font, chaque passage en prolonge un autre. J'ai fini par m'habituer à cet effet de style qui donne un rythme à l'histoire qui en a bien besoin.

Chaque personnage en arrive à la même conclusion qui s'étire au fil des chapitres.

"Au départ déjà, il y a la certitude qu'il n'y aura aucune victoire pleine et joyeuse."

Le vainqueur sacrifie dans sa victoire une partie de lui même. Et après, que reste-t'il? C'est Mariam, l'archéologue, personnage un peu à part qui nous apporte une réponse et souffle un vent d'espoir sur le récit.

"Nous avons lu de la poésie depuis trop longtemps, nous avons admiré des mosaïques depuis trop longtemps, il ne peut y avoir de renoncement. D'Alexandrie à Bagdad. De Tunis à Palmyre, elle va poursuivre jusqu'à l'épuisement mais qu'importe puisqu'il ne peut y avoir de défaite."

"(...) rien ne tremble parce que ces lieux ont vécu la chute de civilisations, l'oubli, la solitude du temps, mais qu'ils sont encore là, malgré tout, et nous regardent.

L'art, qui permet de retrouver en nous une part d'humanité.
Il ne nous reste plus qu'à espérer que l'homme finisse par entendre ces personnages historiques qui nous supplient d'écouter leur défaites pour que l'Histoire cesse de se répéter.

C'est donc un roman à part dont je ne sais s'il m'a plu ou pas mais qui ne m'a pas laissée indifférente.
Tout en reconnaissant la qualité d'écriture et l'érudition de l'auteur, je me suis ennuyée. De manière différente certes mais tous les personnages ressentent la même chose: la victoire se construit de défaites. J'ai eu l'impression de tourner en rond. Cette redondance a fini par me lasser et il me manquait de vivre une aventure avec ces personnages.



Challenge Coupe des 4 maisons: Chicaneur, un livre sorti il y a moins de 3 mois, 10 points

vendredi 14 octobre 2016

Un jour mon prince viendra....(ou pas!) - Sandra Nelson, Rémi Saillard







Attendre le prince charmant.... Quel ennui! La princesse en a assez.
Elle interpelle le premier qui passe près du château mais son programme ne lui convient pas. Faire les courses et s'occuper des enfants?! Il n'est est pas question!
Cette histoire du prince charmant ne lui plait plus du tout.
Elle préfère partir à l'aventure!

Pourquoi cet album est un vrai coup de cœur!


Présenté par Yolina lors du rendez-vous Chut les enfants lisent..., je l'ai immédiatement commandé pour Ma Crevette! Qu'importe si elle est encore trop jeune pour tout comprendre, cet album devrait être lu par toutes les petites filles et le petits garçons.

Il était une fois une princesse qui attendait son prince charmant.



Le jour où enfin elle le rencontre, c'est une grande déception! Beaucoup moins charmant que son titre ne le laissait entendre, il lui demande de rester à la maison pour s'occuper des enfants et de sa mère!




Très peu pour elle! Et voilà notre princesse qui part à l'aventure!

Bien loin des contes traditionnels, cette histoire résolument féministe aux illustrations colorées et sympathiques dépoussière les histoires de princesses! 
Ici notre princesse ne se fait pas avoir par des pommes empoisonnées, elle combat des dragons et des loups, prend les choses en main et mène la vie qu'elle a choisi.




Un texte dynamique et humoristique bien soutenu par des illustrations tout aussi drôles, ce conte de fées moderne réjouira les petits et les grands lecteurs! Et ma Crevette me le propose souvent à la lecture, je suis ravie!



mercredi 12 octobre 2016

Le liseur du 6H27 - Jean-Paul Didierlaurent



Quatrième de couverture:


"Voilà, on voulait vous dire, on aime bien ce que vous faites. Ça nous fait drôlement du bien. Ça va faire bientôt un an que Josette et moi, on vient vous écouter tous les lundis et jeudis matin."

Sur le chemin du travail, Guylain lit aux passagers du RER de 6H27 quelques pages rescapées de livre voués à la destruction. Ce curieux passe-temps va l'amener à faire la connaissance de personnages hauts en couleur qui cherchent, eux aussi, à réinventer leur vie.

Pourquoi j'ai choisi ce livre:


Pour sa couverture: ces quinze petits poissons alignés, tous semblables, sauf un, qui nage à contre-courant. Après avoir lu le livre, je l'aime d'autant plus car elle colle parfaitement au récit.

Pourquoi j'ai aimé ce livre:


Guylain, trentenaire, mène une existence assez fade dans son petit studio où il a pour seul compagnie, un poisson rouge. Son boulot: faire tourner une énorme machine, la Zerstor qui détruit des livres invendus pour en faire de la pâte à papier; un crève-cœur pour cet amoureux des livres. Alors tous les jours, il sauve quelques pages qu'il lit aux passagers d'un train. Autour de lui gravitent des personnages aux petites manies parfois extravagantes: des pensionnaires de maison de retraite (ses premiers fans), le collègue qui ne s'exprime qu'en alexandrin, l'ami cul de jatte qui cherche à réunir tous les exemplaires d'un seul et même livre et cette fille, Julie, dame-pipi, à la plume délicieuse.

J'aime ces contes contemporains où les personnages agrémentent la morosité de leur quotidien de petites manies qui les rendent uniques et lumineux. 
Dommage que certains pages, très bien écrits, en côtoient d'autres beaucoup moins bons comme par exemple les pensionnaires de la maison de retraite que j'ai trouvé complètement ratés. Cela rend l'ensemble un peu inégal. Mais il s'agit d'un premier roman, j'ai senti un réel talent et certains mots ont fait mouche: la description de la Zerstor est magnifique, on est dans l'usine avec Guylain, on entend les mâchoires d'acier broyer le papier, on imagine l'odeur... Les écrits de Julie sont également très réussis.

Si cette lecture ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, elle m'a permis de découvrir un auteur dont la plume devrait me plaire et que je n'hésiterais pas à suivre dans un autre roman.


Citations:


Peu importait le fond pour Guylain. Seul l'acte de lire revêtait de l'importance à ses yeux. Il débitait les textes avec une application acharnée. Et à chaque fois, la magie opérait. Les mots en quittant ses lèvres emportaient avec eux un peu de cet écœurement qui l'étouffait à l’approche de l'usine.


N'oublie jamais ça petit: on est à l'édition ce que le trou du cul est à la digestion, rien d'autre!


Avoir pour confident un poisson rouge impliquait de ne rien attendre d'autre de lui que cette écoute passive et silencieuse, même s'il croyait parfois déceler dans le filet de bulles qui sortait de sa gueule un début de réponse à son questionnement.


Il a fallu que je me rende rapidement à l'évidence que les gens n'attendent en général qu'une seule chose de vous: que vous leur renvoyiez l'image de ce qu'ils veulent que vous soyez




Challenge Coupe des 4 maisons: Craches-limaces, livre avec un animal sur la couverture, 25 points