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mardi 23 août 2016

La nuit derrière moi - Giampaolo Simi


Quatrième de couverture:


Bien sous tous rapports, Furio est commercial dans une société d'imprimerie. Soigner son sourire et ses chaussures, tel est le secret, selon lui, du parfait vendeur. Il a une belle maison dans la province de Pise, une superbe femme, une fille excessivement gâtée pour qui il s'efforce d'être un père présent et compréhensif. Un modèle.
Mais, derrière les apparences, se cache la face sombre de Furio, qui rôde pour une raison obscure près d'un lycée où il épie les jeunes filles.
Quand il commence à rencontrer quelques soucis professionnels et qu'il découvre que sa femme, Elisa, lui ment, son "vernis de respectabilité" se craquelle peu à peu. La tension monte, jusqu'à devenir insupportable. Va-t-il parvenir à se contrôler encore longtemps?

Pourquoi j'ai choisi ce livre?


Choisi complètement au hasard dans les rayonnages de la bibliothèque municipale!

Pourquoi j'ai adoré ce livre?


Parce que le hasard fait parfois bien les choses, ce thriller m'a vraiment emballé. Nous voilà plongé dans le quotidien d'un homme, bien sous tout rapport et on assiste à sa lente dégringolade jusqu'à ce qu'il bascule complètement dans une folie meurtrière.
La narration est particulièrement originale, l'histoire est racontée par Furio, en alternance entre la première et la deuxième personne du singulier. Cet effet de style permet de plonger au plus profond de la personnalité de son personnage et en révèle tout sa complexité. Le "Furio" qui parle de lui à la deuxième personne est complètement détaché de son personnage, un brin cynique. C'est la façade, celle que tout le monde voit. Par contre quand il dit "je", il parle de son "moi" le plus profond, il n'y a plus aucun fard, c'est sa personnalité, trouble, qui se révèle. Le pourquoi de cette narration est révélée en milieu de livre, impossible à anticiper, une surprise à la limite de la grosse claque !
L'histoire devient passionnante, ce que je pensais lire en découvrant la quatrième de couverture est tout autre. Le lecteur se fait piéger par un écrivain qui maîtrise parfaitement son récit du début jusqu'à la fin. Beaucoup de sentiments m'ont animé pendant cette lecture, c'est un récit sombre, terrible, la personnalité de Furio fait froid dans le dos.

 Je ne peux en dire plus au risque de spoiler le livre, mais je ne peux que vous conseiller cette lecture d'un thriller qui gagne être connu.

Citations:


Mais tu minimises, tu évoques quelques amis, une soirée après une pizzeria. Tu croises les jambes, bras toujours étendus. Tu es le portrait décontracté de l'innocence qui jouit du portrait du soupçon impuissant. 

Mais si, dans une autre personne, tu n'aimes toujours et seulement que toi-même, un jour tu pourras la haïr avec une férocité qui ne peut déboucher, crois-moi, que sur la haine de soi.




lundi 8 août 2016

Soie - Alessandro Baricco




Quatrième de couverture :

Ceci n'est pas un roman. Ni même un récit. C'est une histoire. Elle commence avec un homme qui traverse le monde et finit avec un lac qui est là, comme ça, dans les journées du vent. L'homme s'appelle Hervé Joncour. Le lac, on ne sait pas.
On pourrait dire que c'est une histoire d'amour. Mais si c'était seulement ça, ça ne vaudrait pas la peine de la raconter. Il y a aussi dans cette histoire des désirs et des souffrances, de celles qu'on connaît parfaitement, mais le vrai nom pour les dire, on ne le trouve jamais. Et de toutes façons, ce n'est pas amour. ( C'est très ancien ça. Quand on n'a pas de nom pour dire les choses, on se sert d'une histoire. Ça fonctionne comme ça. Depuis des siècles.)
Toutes les histoires ont leur musique. Celle-ci à une musique blanche. C'est important de le dire, parce que la musique blanche est une drôle de musique, déconcertante quelque fois: elle se joue doucement, et elle se danse lentement. Quand elle est bien jouée, c'est comme si on entendait jouer le silence, et ceux qui la dansent comme des dieux ,on les regarde et on a l'impression qu'ils ne bougent pas. C'est terriblement difficile, la musique blanche.
Il n'y a pas grand chose à ajouter. Peut-être faudrait-il préciser que l'histoire se passe au 19e siècle : juste pour que personne ne s'attende à y trouver des avions, des machines à laver et des psychanalystes. Il n'y en a pas ici.
Une autre fois peut-être.

Pourquoi j'ai choisi ce livre:

Toujours dans le cadre de mes recherches sur les belles histoires d'amour de la littérature,je suis tombée sur ce livre, à la quatrième de couverture bien intrigante. N'ayant jamais lu d'auteurs italiens, j'ai intégré ce livre au challenge des jeux olympiques.

Pourquoi j'ai aimé ce livre:

Voilà un livre bien étrange, qui tient plus du conte ou de la fable que du roman.
Installé dans le sud de la France, Hervé Joncour effectue une fois dans l'année un long voyage jusqu'au Japon afin d'acheter des oeufs de vers à soie. Nous sommes au 19e siècle, le Japon commence à s'ouvrir au monde et ce voyage l'éloigne des siens pendant de longs mois. Sa rencontre avec une femme "au visage de jeune fille" va le bouleverser.
Ce livre est très court (120 pages) et est écrit dans un style très épuré. Les descriptions sont réduites à leur strict minimum. Du personnage principal on ne sait que peu de choses. Son voyage entre France et Japon est écrit sur deux pages et est répété mot pour mot au fil du livre comme un refrain.
Car ce n' est pas ses personnages ou le choc des cultures que l'auteur s'est attaché à nous décrire. Il a voulu exprimer ces émotions suscitées par un simple regard, cette irrésistible et troublante attraction envers le mystère et l'exotisme, la souffrance que cela engendre chez l'épouse délaissée et la mélancolie d'Hervé Joncour lorsqu'il s'éloigne de l'être qui le bouleverse. C'est une histoire d'amour faite de silence, de suggestion, de frôlement...
Ce style minimaliste aurait pu me déplaire mais c'est là toute la force d'Alessandro Baricco; en peu de mots soigneusement choisi il fait de cette simple histoire d'amour un livre plein de poésie qui nous enveloppe de douceur, comme la soie...

Citations :

C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre. On aura remarqué que ceux là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.

C'est une souffrance étrange (...) mourir de nostalgie pour quelque chose que tu ne vivras jamais.