Quelques infos :
Édition: Pocket
Pages: 318
Date de parution : 2014
Mon avis :
Ce roman épistolaire nous propose un voyage entre deux continents et deux époques.
Il s'ouvre sur la correspondance, commencée en 1912, entre Elspeth, une poétesse vivant sur l'île de Skye en Ecosse, et David, un américain, admirateur de ses poèmes.
Puis l'auteur nous emmène en 1940, où Margaret échange des lettres avec son amoureux parti au front. Elle lui raconte la découverte fortuite d'une correspondance entre Sue et Davey qui l'amène à enquêter sur les secrets bien gardés de sa mère.
Alors certes, un petit manque de crédibilité m'a gênée, notamment le style que j'ai trouvé trop moderne pour du courrier datant de 1912. De plus, lorsqu'on devait attendre des lettres trois semaines, le temps qu'elles traversent l'océan, j'ai des difficultés à croire que le correspondant ne se contentait que d'écrire trois lignes. La fin et la réaction incompréhensible d'un des protagonistes, m'ont également parues un peu tirées par les cheveux.
Néanmoins, je garde le souvenir plaisant d'une lecture très agréable. C'est une belle histoire d'amour, racontée avec de jolies phrases, tout en pudeur et délicatesse. C'est la rencontre improbable entre deux individus, qu'un océan sépare mais que les mots rapprochent.
"Je me couche tôt pour cesser de ruminer et chasser la solitude, mais je n'arrive pas à fermer l'œil. Je l'avoue, j'ai ressorti et relu toutes vos lettres, ce qui fait que parfois, je m'endors enveloppée de vos mots."
Elspeth est un personnage féminin moderne pour son époque. Un peu à l'étroit sur son île d'où elle ne s'échappe qu'à travers ses lettres ou poèmes, elle suit son cœur, faisant fi des conventions, l'amour la poussant à aller au delà de ses limites.
David est un homme qu'on aimerait rencontrer. À la fois malicieux, vif d'esprit et bienveillant, il sait manier les mots avec tendresse.
"Le 24 décembre au soir, juste sur le coup de minuit sors dehors et lève la tête vers la lune. Goûte les flocons sur tes lèvres en imaginant que ce sont les miennes qui t'effleurent ainsi. Je sortirai pile au même moment. Je te le promets. Peu importe si je suis toujours à Paris ou n'importe où ailleurs en France, je fermerai les yeux et j'aurai la même pensée. Peut-être qu'elle deviendra réalité, ne serait-ce qu'un instant."
J'ai également aimé l'enquête menée par Margaret et l'audace dont elle fait preuve pour découvrir les secrets de sa mère.
La vie des civils pendant les deux grandes guerres est également évoquée. Le rationnement, l'éloignement familial, les blessures physiques et psychologiques qu'elles provoquent forment la trame de fond de ce roman qui se révèle être plus qu'une romance épistolaire.
Ce livre est arrivé au bon moment. Après avoir quitté un univers quelque peu sinistre, cette lecture lumineuse et facile m'a offert un bol d'air de bons sentiments.









