Affichage des articles dont le libellé est Roman psychologique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Roman psychologique. Afficher tous les articles

jeudi 16 mai 2019

Les feuilles mortes - Thomas H. Cook



Quelques infos:

Édition: Gallimard Série Noire
Date de parution: 2008
Pages: 275

Mon avis:


Eric Moore mène une vie sans histoire auprès de sa femme Meredith et de son fils Keith âgé de 15 ans. Jusqu'au jour où la fille de ses voisins, Amy 8 ans, disparaît alors que son fils en avait la garde le temps d'une soirée. Très vite les soupçons se portent sur Keith, adolescent renfermé et taciturne, qui semble cacher bien des secrets. Eric se sent tiraillé entre sa position de père, prêt à tout pour protéger son fils et ses doutes sur son innocence.

Je ne suis pas vraiment fan du genre thriller, mais dès que le nom de Thomas H. Cook apparaît, c'est en toute confiance que je me plonge dans un de ses romans. Là encore, je n'ai pas été déçue. Comme à son habitude, le récit est raconté après les événements dramatiques qu'ont connu la famille Moore. Petit à petit, l'auteur tisse la toile de l'intrigue, les pièces du puzzle s'assemblent jusqu'à la révélation finale. L'originalité du récit vient du fait que l'histoire est racontée par le père du principal suspect. On assiste alors aux dommages collatéraux de cette tragique histoire de disparition. 

"Le soupçon est un acide. Il ronge tout ce qu'il touche. Il s'attaque à la surface des choses en y laissant une marque indélébile."

L'intérêt du roman se n'est pas l'enquête en elle même qui est d'ailleurs conclue assez rapidement mais du cheminement que fait Eric qui se met à douter de ses proches. Ses doutes et ses sentiments sont mis en avant. Comment concevoir que son enfant ait pu commettre l'irréparable? La mécanique bien huilée de sa famille parfaite et sans histoire s'enraye. Les non dits et les reproches apparaissent. Son propre passé resurgit et le conduit à une spirale autodestructrice et paranoïaque. 
Il y a peu d'action dans ce roman mais on y trouve une analyse approfondie des liens père/fils et du soupçon qui insidieusement ronge le cocon familial. 

"Qu'est ce que l'amour filial sinon aimer des gens que l'on n'aimerait pas?"

C'est un roman très sombre. Le mythe de la famille parfaite en prend un sacré coup. Le doute, omniprésent, rend l'atmosphère pesante.  Malgré les longs moments d'introspection du personnage principal, l'ensemble se lit sans ennui et s'avère même assez addictif. Comme Eric, le lecteur aimerait arriver à se positionner. Comme d'habitude, l'auteur flirte avec les genres: roman noir? Polar? Thriller? Roman psychologique? Un peu tout à la fois, ce roman se révèle être encore un coup de maître!





mercredi 15 mai 2019

L'atelier des miracles - Valérie Tong Cuong



Quelques infos:


Édition: JC Lattès
Date de parution: 2013
Pages: 264


Mon avis:


Millie est une jeune fille solitaire qui échappe de peu à l'incendie de son immeuble. Espérant se débarrasser d'un lourd secret en endossant une nouvelle identité, elle feint l'amnésie. 
Mariette ne supporte plus son métier de professeur d'histoire-géo. Poussée à bout par ses élèves, elle plonge dans la névrose. 
Monsieur Mike, déserteur de l'armée, trouve refuge dans la rue jusqu'au jour où il se fait passer à tabac. 
Ses trois accidentés de la vie vont croiser la route de Jean, une âme charitable qui tient l'Atelier des Miracles, une association qui aide ceux dans le besoin à remettre le pied à l'étrier.
La première partie est consacrée au parcours chaotique des trois protagonistes, on suit leurs errances jusqu'à l'arrivée providentielle de Jean où ils entament leur processus de résilience. Les portraits sont bien dessinés, l'empathie pour ces âmes blessées immédiate. Puis, curieusement, le roman prend une autre tournure, pour s’intéresser à la personnalité énigmatique de Jean et de sa générosité finalement pas si désintéressée. Virage plus ou moins bien négocié. Continuer sur la lancée de la première partie prenait le risque de faire tomber ce roman dans une forme de mièvrerie. Mais la reconstruction des personnages est bien trop rapide pour être crédible, et la personnalité trouble de Jean ne m'a pas convaincue.
La lecture n'a pas été désagréable en soi mais je n'ai pas vraiment été convaincue par cette histoire un peu surréaliste dont les thèmes de l'acceptation de soi, la résilience ou de la maîtrise de son destin n'ont pas été assez approfondis à mon goût.




jeudi 29 novembre 2018

Le liseur - Bernhard Schlink



Quelques infos:


Édition: Folio
Date de 1ère parution: 1995
Pages: 243

Mon avis:


Michael a 15 ans lorsqu'il rencontre Hannah âgée de 20 ans de plus que lui et dont il devient l'amant. Chaque jour, il la retrouve chez elle et avant de faire l'amour, elle lui demande de lui faire la lecture à voix haute. Ce rituel durera 6 mois, jusqu'au jour où Hannah disparaît du jour au lendemain. Il la retrouve, 7 ans plus tard, alors qu'il assiste au procès d'anciens criminels nazis et qu'elle est sur le banc des accusés. Michael comprendra alors le secret qu'elle s'évertue à cacher et tentera de se tentera de panser les plaies de cette étrange histoire d'amour.

J'ai vu le film il y a quelques mois de cela. J'en suis sortie bouleversée et quelque peu perplexe. J'ai voulu lire le roman dont il en était issu, espérant qu'il puisse répondre à certaines de mes questions. J'ai refermé ce livre, sans que ce sentiment de perplexité ne m'ait quitté. Mais qui est Hannah? Comment arriver à me positionner par rapport à elle? Cette question tourmentera le narrateur  toute sa vie. Par ricochets, il est question du jugement de toute une génération envers celle qui l'a précédé, qui a été témoin, parfois complice, des horreurs perpétrées sous le régime nazi. 

"Je pense aujourd'hui que le zèle que nous mettions à découvrir l'horreur et à la faire connaître aux autres avait effectivement quelque chose d'odieux. Plus les faits dont nous lisions ou entendions le récit étaient horribles, plus nous étions convaincus de notre mission d'élucidation et d'accusation. Même lorsque ces faits nous coupaient le souffle, nous les brandissions triomphalement. Regardez!"

Hannah est porteuse d'un secret, qui aura gouverné ses choix, la poussant même à endosser une responsabilité qui n'était pas uniquement la sienne. Pour autant, cela suffit-il à lui donner le pardon? C'est un choix que Michael sera dans l'incapacité de faire, choqué que cette femme adorée, ait pu participer à des crimes aussi abjects.
L'auteur nous plonge dans les méandres de ses réflexions intimes, ses questionnements, sans nous apporter de réponse et sans que nous, lecteurs, puissions également en trouver. C'est déstabilisant. La seule éclaircie dans ce roman, c'est lorsque Michael prend la décision de communiquer indirectement avec Hannah par l'intermédiaire des livres. Que l'amour de la lecture puisse de nouveau les réunir, j'ai trouvé cela magnifique.
Cependant Hannah restera un mystère pour moi. Tant au niveau de sa participation aux crimes nazis, que dans sa relation charnelle avec cet adolescent de 15 ans. Qu'est ce qui l'a poussé à nouer cette histoire avec ce jeune homme? Elle a des réactions complexes, inexplicables.... c'est un amour laid, destructeur, une relation de dominant à dominé et qui m'a laissé un goût amer....

Un roman à lire, qui ne peut laisser indifférent, qui pousse le lecteur à réfléchir et à s'interroger...

"Mais qu'est ce que vous auriez fait?"



lundi 6 mars 2017

L'inconnue du quai - Mary Kubica


Quelques infos:


Edition: Mosaïc
Date de parution: 2016
Pages: 396

Mon avis:


Mary Kubica nous emmène dans le quotidien d'une famille aisée de Chicago. Zoé, la fille âgée de douze ans entre de plein pied dans l'adolescence et communique de plus en plus difficilement avec ses parents. Chris, bourreau de travail, s'éloigne de sa femme d'autant que sa superbe associée lui fait du gringue. Quant à Heidi, on lui donnerait le Bon Dieu sans confession, toujours prête à secourir la veuve et l'orphelin. Elle travaille dans un milieu associatif qui vient en aide aux immigrés, à des années lumières des marchés financiers dans lesquels exerce son mari. 
Lorsqu'elle rencontre cette jeune fille accompagnée de son bébé âgé de quelques mois qui marche sous la pluie battante, c'est tout naturellement qu'elle lui vient en aide et qu'elle finit par lui proposer le gîte et le couvert. Pour quelques jours seulement assure-t-elle à ses proches, habitués à ses lubies. 
Mais aucun d'entre eux ne s'imaginent à quel point l'arrivée de Willow va rompre l'équilibre familial. Il y a danger, le lecteur le perçoit mais d'où vient il? Bien malin qui pourrait le deviner!
La narration à trois voix donne du rythme à l'histoire. Heidi, Willow et Chris évoquent tour à tour leur passé, les secrets douloureux, enfouis au fond d'eux même et qui brutalement vont remonter à la surface et vont faire l'effet d'une bombe.

Les premiers chapitres m'ont fait un peu peur, Chris et Zoé m'ont paru très stéréotypés. Mais je me suis laissée prendre au jeu d'une écriture simple et efficace. La tension monte crescendo.
Habilement, l'auteur assemble les pièces de puzzle pour façonner une intrigue qui fait froid dans le dos. Ce drame familial évoque des thèmes riches comme la maternité, le deuil, la maltraitance infantile, les relations de couple.

Deuxième opus de Mary Kubica, il s'agit pour moi d'une découverte intéressante et je me laisserai bien tenter par son premier livre "Une fille parfaite" qui a rencontré un grand succès en 2015.



jeudi 23 février 2017

L'éveil - Kate Chopin




Quelques infos:


Edition; Liana Levi
Date de parution: 1899
Pages: 210

Mon avis:


Le roman s'ouvre sur les vacances estivales de la famille Pontellier. Installés dans la pension de la famille Lebrun à Grand Isle où tous les notables de la Nouvelle Orléans, Edna, son mari et ses enfants passent un séjour rythmé par les baignades, les soirées musicales et les conversations.
Les jours s'écoulent, lentement... De nouveaux sentiments animent Edna. C'est "l'éveil". Elle ne supporte plus son existence de femme soumise à l'autorité d'un mari, certes aimant, mais épousé sans amour. Enchaînée par les carcans moraux de la société américaine du 19e siècle, Edna est en proie à une grande souffrance psychique où ces états d'âme ne suscitent que désapprobation et mépris de son entourage.
Elle trouve un exutoire à ses tourments dans la musique ou la peinture et les conversations avec Robert Lebrun, rencontré à la pension, qui éveillera en elle un sentiment méconnu: la passion. Au fil des pages, Edna devient de plus en plus tourmentée, tentant de se libérer de ses chaînes jusqu'à la perte finale de ses illusions.

Ce roman est considéré comme un chef d'oeuvre méconnu de la littérature américaine. J'ai compris pourquoi. Il est vrai que l'auteur fait preuve d'un grand talent pour rendre compte de l'ennui éprouvé par Edna coincée dans une vie qui ne lui correspond pas. Il transparaît à chaque page et à l'instar de l'héroïne je l'ai parfaitement ressenti! 
Edna m'a profondément agacé. J'ai vraiment cru qu'après la scène où elle apprend à nager, elle allait faire preuve de plus de volonté, mais non.... Elle reste passive. Ses tentatives d'émancipation deviennent des caprices d'enfant gâté. Elle ne va pas au bout de ses désirs, ce qui la rend superficielle et éternellement insatisfaite. 

Loin de m'avoir exalté, ce roman, heureusement court, m'a profondément ennuyé. Une déception!





Citations: 


La voix de la mer est séductrice: sans jamais se lasser, elle chuchote, gronde, murmure, invite l'âme à errer pour un temps dans des abîmes de solitude: à se perdre dans des dédales de contemplation intérieure. La voix de la mer parle à notre âme. La caresse de la mer est sensuelle, elle enveloppe le corps de sa douce étreinte.



jeudi 29 décembre 2016

Sur les hauteurs du mont Crève-Coeur - Thomas H. Cook





Quatrième de couverture:


"Qu'allait faire Kelli sur le mont Crève-Coeur ce jour là? Qu'allait-elle chercher, seule dans la profondeur de ces bois"
Trente ans après le drame, Ben demeure obsèdé par l'image du corps de Kelli tel qu'il a été découvert sur la hauteur de ce mont où, jadis, l'on organisait une course de Noirs avant les enchères du marché aux esclaves.
Dans un de ces flash-back troublants tel que Thomas H. Cook maîtrise à merveille, le lecteur revisite avec Ben, ancien condisciple de la victime devenu médecin de campagne, les événements qui ont bouleversé la petite communauté blanche et conservatrice de Choctaw, Alabama, au mois de mai 1962.
Le meilleur ami de Ben le soupçonne toujours d'en savoir plus qu'il ne l'admet sur l'agression de la jeune beauté venue de Baltimore: Kelli a-t-elle été tuée parce que Todd, le bourreau des coeurs local, avait plaqué sa petite copine pour elle ou parce qu'elle soutenait la cause des Noirs dans le journal du lycée?

Quelques infos:


Edition: Seuil
Parution: Août 2016
Pages: 316

Mon avis:


L'histoire est racontée par un Ben vieillissant qui replonge dans ses souvenirs de cette terrible année 1962. Avec nostalgie et culpabilité, il se rappelle l'adolescent qu'il a été, épris de liberté.... 
Ça ne vous rappelle rien? 
Moi si. J'ai lu en Mars 2016 Au lieu dit Noir-Etang que j'avais adoré. Le style de Thomas H. Cook m'avait tellement emballé que je me suis promis de le suivre. 
Sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur n'en est malheureusement qu'une copie. Ou plutôt une ébauche vu qu'il l'a écrit en 1995 alors que Au lieu dit Noir-Etang a été publié en 1997. (les publications en France ne respectent pas cette chronologie)
On y retrouve exactement les mêmes thèmes: l'adolescent solitaire qui se sent à l'étroit dans sa ville et qui découvre le sentiment amoureux, les dommages collatéraux du drame qui a secoué son lycée, les destins à jamais brisés, le temps qui passe, implacable....
Pour qui n'a jamais lu cet auteur, vous avez là un livre de qualité, les personnages sont bien travaillés, l'alternance du présent et du passé s'enchaîne sans lourdeur et le suspense est subtilement ménagé. Jusqu'au bout vous vous demanderez qu'elle est l'implication du narrateur dans l'agression de Kelli. Personnellement je n'ai guère été surprise puisque c'est la même ficelle que dans le livre cité précédemment.
Il y a malgré tout une révélation qui m'a étonné, mais que je n'ai pas crue et pour laquelle j'ai trouvé qu'il manquait des explications. 
Au final, j'ai clairement été déçue par cette lecture. Si Thomas H. Cook nous sert la même recette à chaque fois, je vais effectivement finir par me lasser. Dommage parce que j'aime beaucoup sa qualité d'écriture et la façon dont il met en lumière la psychologie de ses personnages.





Challenge Coupe des 4 maisons: Auror, un livre policier, 30 points





mardi 8 novembre 2016

Veronika décide de mourir - Paulo Coelho



Quatrième de couverture:


Veronika a les mêmes rêves, les mêmes désirs que tous les jeunes gens du monde. Elle a un métier raisonnable et vit dans un petit appartement, s'offrant ainsi le plaisir d'avoir un coin à elle. Elle fréquente les bars, rencontre des hommes. Pourtant, Veronika n'est pas heureuse. Quelque chose lui manque. Alors, le matin du 11 Novembre 1997, Veronika décide de mourir.
Imagination et rêves, amour et folie. Désir et mort. Alors qu'elle s'approche de la mort, Veronika se rend compte que chaque moment de la vie constitue un choix, celui de vivre ou d'abandonner.
Veronika expérimente de nouveaux plaisirs et découvre qu'il y a toujours un sens à la vie. Mais la vie est courte. Veronika a décidé de mourir, et maintenant, elle ne peut renoncer.


Quelques infos:


Date de parution: 1998
Edition: J'ai lu
Pages: 223

Pourquoi j'ai choisi ce livre:


On me l'avait conseillé, je l'ai acheté et je l'ai abandonné dans ma bibliothèque pendant des années. J'avais peur qu'il soit trop déprimant et je trouve le résumé assez mauvais d'ailleurs. Lors du challenge "Coupe des 4 maisons" il fallait trouver un livre ayant pour thème la mort ou la maladie. C'était le seul de ma PAL qui rentrait dans le cadre. 

Mon avis:


Veronika, lassée de la morosité de son existence, fait une tentative de suicide et se réveille dans un hôpital psychiatrique où on lui annonce que la quantité de médicaments ingérés a irrémédiablement abîmé son cœur et qu'il ne lui reste plus que quelques jours à vivre. Elle rencontre les pensionnaires de cet hôpital qui vont lui permettre d'avancer et de modifier sa perception de sa propre vie et du monde qui l'entoure.

Si vous choisissez ce livre pour plonger dans l'univers des hôpitaux psychiatriques ou pour en apprendre plus sur ce qui pousse au suicide, passez votre chemin, vous risquez d'être déçu. Ce livre tient plus du conte philosophique.  Les personnages ne sont là que pour délivrer un message, servir une morale. Le livre est court, l'auteur n'a pas  approfondi la personnalité de Veronika par exemple et le lecteur peut ne pas comprendre ses choix. L'ambiance de l'hôpital est particulièrement pesante et pourtant ici et là, le récit s'illumine, le champ des possibilités s'ouvre. Veronika rencontre des gens qui vont lui permettre de s'interroger sur les erreurs qu'elle a commise et vont l'aider trouver des réponses sur le sens de la vie.
Cet échange n'est pas à sens unique, Veronika elle même va les aider, pour certains à retourner dans la "vraie" vie, hors des murs de l'hôpital, pour d'autres à communiquer avec l'extérieur.

J'ai passé un bon moment. Même si certains passages m'ont échappé (notamment le 3e chapitre où l'auteur parle de lui même à la 3e personne) et que j'ai aisément deviné la fin, j'ai été agréablement surprise de trouver un roman au final très optimiste. Il y a de jolies phrases et je me retrouve tout à fait dans le message délivré par l'auteur.


"Ah! si chacun pouvait reconnaître sa propre folie intérieure et vivre avec! Le monde irait-il plus mal? Non, les gens seraient plus justes et plus heureux."



Citations:


"La folie c'est l'incapacité de communiquer ses idées. Comme si tu te trouvais dans un pays étranger: tu vois tout, tu perçois ce qui se passe autour de toi, mais tu es incapable de t'expliquer et d'obtenir de l'aide parce que tu ne comprends pas la langue du pays."

"Qu'est ce que le Moi véritable? (...) C'est ce que tu es et non ce qu'on a fait de toi."


"Vous êtes une personne différente qui veut ressembler aux autres (...) C'est grave de s'obliger à ressembler à tout le monde: cela provoque des névroses, des psychoses, des paranoïas."


"Sois comme la source qui déborde et non comme l'étang qui contient toujours la même eau."





Challenge Coupe des 4 maisons: Little Hangleton, livre qui traite de la mort ou de la maladie, 120 points (item éphémère)
Challenge Les jeux olympiques: Pays: Brésil, Continent: Amérique, 4 pays sur 10

mardi 4 octobre 2016

Ma cousine Rachel - Daphné du Maurier


Quatrième de couverture:


Philip, sans la connaître, déteste cette femme que son cousin Ambroise, avec lequel il a toujours vécu étroitement uni dans leur beau domaine de Cornouailles, a épousée soudainement pendant un séjour en Italie.
Quand Ambroise lui écrira qu'il soupçonne sa femme de vouloir l'empoisonner, il le croira d'emblée. Ambroise mort, il jure de le venger.
Sa cousine, cependant, n'a rien de la femme qu'imagine Philip. Il ne tarde pas à s'éprendre d'elle, à bâtir follement un plan d'avenir pour finir par buter sur une réalité de cauchemar.


Pourquoi j'ai choisi ce livre:


C'est dans le cadre d'une lecture commune sur le forum de Livraddict qu'il m'a été proposé de découvrir une nouvelle oeuvre de cette auteure que j'apprécie de plus en plus.

Pourquoi j'ai bien aimé cette lecture:


Dans un premier temps, l'intrigue se concentre sur la relation entre Philip et Ambroise, une relation père-fils. Orphelin, Philip a été recueilli par Ambroise, cousin qu'il vénère, un modèle pour lui. 
Il grandit alors dans un milieu campagnard, exclusivement masculin, qui lui forge un caractère rustre, entier. Philip semble maladroit dans ses rapports aux autres et surtout dans ses rapports avec les femmes. Lorsque, pour des raisons de santé, Ambroise s'éloigne pour un temps d'Angleterre, Philip se charge de la gestion du domaine. Son existence est alors bouleversée par l'annonce du mariage d'Ambroise qui a rencontré en Italie une cousine de la famille, Rachel. Rapidement, les courriers d'Ambroise prennent un tour inquiétant, sa santé se détériore. Il soupçonne sa femme de vouloir l'empoisonner et appelle Philip à l'aide. Mais celui-ci arrive trop tard en Italie, son cousin est décédé et enterré, sa veuve disparue.

Il rentre le cœur lourd en Angleterre pour annoncer à son entourage la triste nouvelle. C'est alors que la veuve Rachel se manifeste afin de lui confier les affaires de son cousin.
La soupçonnant d'être responsable de la mort d'Ambroise, il lui réserve un accueil des plus glacial.
Mais Rachel n'est pas celle qu'il imaginait. Charmante et vive d'esprit, elle semble bien affectée par la mort de son mari et on lui donnerait le Bon Dieu sans confession.

Le lecteur, plongé dans l'esprit de Philip, suit ce bouleversement de sentiments, de l'hostilité à l'amour. Jamais nous ne serons dans les pensées de Rachel ce qui jette le trouble sur sa vraie personnalité: ange ou démon?
J'ai trouvé qu'elle était la version 19e siècle du manipulateur pervers narcissique. Elle souffle le chaud et le froid avec un air de ne pas y toucher et finit toujours par obtenir ce qu'elle veut. Elle fait ressortir le côté sombre de Philip et fait naître en lui des sentiments extrêmes tels que la violence.
Philip a un côté misogyne et entêté qui est parfois agaçant. Je l'ai trouvé malgré tout sympathique, j'ai eu de l'empathie pour lui, car il assume ses faiblesses et ne se cherche aucune excuse. Il est bouleversé par l'apparition d'un sentiment nouveau pour lui: l'amour dont il ignore tout et qui lui fait commettre bien des folies.
J'ai aimé les personnages secondaires, notamment M. Kendall, le parrain de Philip, et sa fille Louise. D'un soutien sans faille ce sont les seuls qui tentent de lui ouvrir les yeux sur Rachel.

La fin m'a en revanche un peu déçue, très abrupte. Elle m'a laissé un profond sentiment de tristesse sur le devenir de chaque personnage. Relire le premier chapitre m'a alors aidé à conclure l'histoire.

Voici le troisième livre de Daphné du Maurier que je lis cette année et cette fois encore je n'ai pas été déçue. J'y ai retrouvé tout ce que j'aime chez cette auteur: sa délicieuse écriture au charme suranné, sa fine analyse des rapports humains et ses magnifiques description de la campagne anglaise.




Challenge Coupe des 4 maisons: Échecs version sorciers, lecture commune avec une autre personne, 25 points

jeudi 7 juillet 2016

Le bouc émissaire - Daphné du Maurier



Quatrième de couverture:


John, un historien anglais en vacances en France, rencontre au Mans par hasard son parfait sosie, Jean de Gué. Les deux hommes font connaissance: l'un est solitaire, sans famille, l'autre, épicurien désinvolte, se plaint de la sienne qui l'étouffe. Le lendemain matin, John se réveille, vêtu des habits de Jean, qui a disparu. A la porte, le chauffeur l'attend pour le ramener au château. John prend alors la place de Jean...


Pourquoi j'ai choisi ce livre:


C'est dans le cadre d'une "lecture commune" sur Livraddict, que j'ai découvert ce roman. Le général du Roi a été un de mes coups de cœur cette année, c'était l'occasion de découvrir un autre livre de l'auteur de Rebecca.

Pourquoi j'ai adoré ce livre:


J'ai un peu peiné au début, pas longtemps, quelques chapitres, le temps de m'imprégner des personnages et de l'histoire. Le roman n'est pas très long, un petit 500 pages et je suis toujours admirative de la plume de Daphné du Maurier. Cette façon d'analyser les relations humaines, la psychologie de ses personnages. Les lieux sont décrits si précisément qu'ils deviennent des personnages à part entière; on respire la forêt, on sent les brisures de verre craquer sous nos pieds. 
Le suspense est intense tout au long du livre: John sera-t-il découvert? Combien de temps encore donnera-t-il le change?

On retrouve quelques similitudes avec Rebecca dans les thèmes abordés: celui de l'identité, les lourds secrets des familles aristocratiques (il y a quelques personnages bien névrosés dans la famille de Jean!) et j'ai trouvé que Jean était le pendant masculin de Rebecca (même charisme et un caractère tout aussi détestable!)

Le personnage de Marie-Noëlle, la fille de Jean, m'a un peu perturbé. Certes, sa spontanéité sauve souvent John d'un mauvais pas, mais sa dévotion religieuse m'a gêné et je n'ai pas compris son rôle.
Sa femme Françoise m'a ému, c'est mon côté sage-femme qui parle, cette femme enceinte aussi triste, son destin tragique est bouleversant.
L'évolution de John est intéressante, d'abord tenté par la vie "facile" de Jean (ou tout du moins la facilité avec laquelle son sosie voit les choses), il révèle petit à petit son humanité. A travers ses yeux on prend conscience de l'univers malsain dans lequel évolue la famille de Gué et on ne peut être que touché par ses tentatives malheureuses d'inverser le cours de leurs vies et de voir le meilleur d'eux, là où Jean n'y voit que le pire.

C'est donc un roman vraiment troublant, haletant du début à la fin, avec une belle analyse des relations humaines et familiales, une réflexion sur l'être et le paraître, sur nos choix...
Le dénouement m'a laissé quelque peu perplexe, néanmoins je ne crois pas qu'il aurait pu se finir autrement. 

Citations:


Je songeais à la facilité et au bonheur avec lesquels les enfants s'abandonnent à la fantaisie et je me dis que leur vie n'était supportable que grâce à ce don d'illusion, à cette faculté de ne pas voir les choses telles qu'elles sont.

Je veux qu'ils soient heureux. Pas de son bonheur à lui, mais de celui qui est enfoui en eux, enfermé, et que j'ai découvert. Bela, il existe, je l'ai vu comme une lumière, comme un élan qui attend d'être libéré.

On n'avait pas le droit de jouer avec la vie des gens. On ne devait pas intervenir dans les sentiments. Un mot, un regard, un sourire, un froncement de sourcils, affectaient un autre être, éveillant un accord ou une aversion, et une toile se tissait sans commencement et sans fin, s'étendait à l'extérieur et à l'intérieur aussi, entremêlant, nouant, et la vie de chacun était liée à la vie des autres.

C'est parfois céder à une sorte d'indulgence que de penser de soi le pire. On dit: maintenant que je suis au fond du trou, je ne tomberai pas plus bas, et on éprouve une espèce de plaisir à se vautrer dans les ténèbres. Oui mais voilà, ce n'est pas vrai: on peut toujours tomber plus bas. Le mal en nous est infini, comme le bien. C'est une question de choix. On s'efforce de s'élever ou l'on s'efforce de tomber; l'important est de découvrir dans quelle direction l'on va.

vendredi 25 mars 2016

Le voyage d'Hector ou la recherche du bonheur - François Lelord






Quatrième de couverture:


Il était une fois un jeune psychiatre nommé Hector qui n'était pas très content de lui: il voyait bien que, malgré sa bonne volonté, il n'arrivait pas à rendre les gens heureux. Hector décide alors de partir courir le monde afin de comprendre ce qu'est vraiment le bonheur.
Pourquoi rêvons-nous souvent d'une vie plus heureuse? Trouve-t-on le bonheur dans la réussite ou dans les relations avec les autres? Dépend-il des circonstances ou d'une manière de voir les choses? Après bien des péripéties et des rencontres inattendues, Hector saura mieux répondre à ces questions...


Pourquoi j'ai choisi ce livre:


Sur les judicieux conseils d'une amie...

Pourquoi j'ai adoré:


Il était une fois Hector....
Voilà un livre atypique, écrit à la manière d'un conte, l'auteur parle ainsi à l'enfant qui est en nous.
C’est parfois un peu agaçant mais, c'est tout le talent de l'auteur, une petite phrase pleine d'humour et  nous retournons avec bonheur voyager avec Hector. Des phrases pleines de naïveté dénoncent les travers de notre société, ça nous fait sourire, ça nous fait réfléchir et nous ne pouvons rester indifférent. 
Partagez en voyage avec Hector, c'est un livre qui fait beaucoup de bien....

Citations:


"Hector lui demanda s'il avait des choses intéressantes à dire sur le bonheur, le vieux moine lui répondit: La première grande erreur, c'est de croire que le bonheur c'est le but"

"Faites très attention, quand des gens annoncent qu'ils vont faire le paradis sur terre, c'est presque toujours l'enfer qu'ils apportent."

"Leçon n°2: Le bonheur arrive souvent par surprise"



Et vous, vous en pensez quoi?