mercredi 14 septembre 2016

Rhino vole! - Ryan Higgins


Pour ma septième participation au rendez-vous Chut les enfants lisent, je vous présente un joli album qui a tout de suite plu à La Crevette.






Quatrième de couverture:


Roger le rhinocéros n'a qu'un rêve: s'envoler. Difficile, quand on n'a pas d'ailes et qu'on pèse trois tonnes.

Pourquoi j'adore ce livre:


Découvert au hasard de mes balades sur les blogs de littérature jeunesse, j'ai tout de suite pensé à La Crevette. Elle est certes la plus adorable des petites filles, elle a quand même un petit défaut: elle laisse facilement tomber. Depuis toujours, lorsqu'elle n'arrive pas à attraper un jouet, bah tant pis, elle prend celui d'à côté ou bien elle nous appelle au secours. 
J'aimerais que ce trait de caractère s'estompe pour faire place à un peu plus de pugnacité. Alors pourquoi pas aborder ce thème à travers un livre.

Voici donc Roger, rhinocéros de son état, qui rêve de voler. Il se construit une machine improbable, mais malheureusement elle s'écrase sur le sol, lui avec.






 Attristé par cet échec, il doit en plus faire face aux moqueries des autres animaux de la savane.




Mais peu importe pour Roger, il sait ce qu'il veut. Et revoilà notre rhino parti pour la construction d'une autre machine complètement loufoque, avec laquelle il s'échoue lamentablement sur le sol. Il continue malgré tout... jusqu'au moment où. Alors certes, la chute est un peu prévisible, mais elle ne pouvait être autre. 
C'est un livre vraiment très bien fait, drôle et touchant qui aborde le thème du courage, de la volonté et de la combativité. Les illustrations rendent Roger particulièrement émouvant,
La Crevette l'apprécie, j'en suis ravie. J'espère qu'elle pensera à Roger lorsqu'elle n'arrivera pas à faire quelque chose.

mercredi 7 septembre 2016

Le requin du bocal - Emmanuelle Eeckhout

Pour cette rentrée, je retrouve avec plaisir le rendez-vous  Chut les enfants lisent... J'ai hâte de découvrir ce que les blogueurs vont nous proposer ! En attendant voici mon petit article !







Quatrième de couverture:


Un jour, Lili va trouver ses parents. Et, elle leur dit: "Je veux..... Un éléphant!"
Un éléphant, dit le père, mais tu n'y penses pas!" 
"Il faut aller le promener matin, midi et soir," dit la mère. 
Lili réfléchit, et se dit qu'un éléphant, ce n'est peut-être pas une si bonne idée.


Pourquoi j'adore ce livre:


Trouvé au hasard dans une foire à tout, ce livre de l'Ecole des loisirs publié en 2009 mérite de sortir des étagères. Il est encore édité d'ailleurs, je l'ai retrouvé sur les sites de vente en ligne.
Une belle surprise donc.
Lili voudrait un animal de compagnie, mais chacune de ses propositions sont refusées par ses parents qui énumèrent les contraintes de chaque animal.




Si les propositions de Lili sont farfelues, les excuses de ses parents le sont tout autant. L'auteur a fait preuve d'une grande imagination et de beaucoup d'humour! Je vous laisse la surprise de la chute, vraiment rigolote!




Les enfants s'amuseront de la répétition du texte, les parents souriront en coin devant la mauvaise foi des parents de Lili (tout en se disant d'ailleurs que l'idée n'est pas mauvaise!)




 Ce double niveau de lecture fait que parents et enfants passeront un bon moment avec ce livre. C'est l'occasion en plus d'aborder le sujet des envies, des contraintes imposées par un animal. 
Les illustrations toutes simples, accompagnent le texte avec justesse et drôlerie

Je n'ai pas encore eu le temps de le faire découvrir à La Crevette (en ce moment, il n'y en a que pour François Delebecque) mais ça ne saurait tarder! 



samedi 3 septembre 2016

Elles sont parties pour le nord - Patrice Lecomte




Quatrième de couverture:


1917. Wilma, onze ans, se réveille par un matin d'hiver glacial dans la cabane qu'elle habite avec son père, trappeur dans le Grand Nord Canadien. De retour d'une expédition en ville, il lui rapporte un cadeau: un livre finement illustré "Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède"
C'est là, dans ses pages, qu'elle rencontre Akka, l'oie sauvage. Cette lecture va bouleverser à jamais la vie simple et rude de la jeune fille, qui se lance dans un combat héroïque pour la sauvegarde du plus grand oiseau migrateur d'Amérique du Nord.


Pourquoi j'ai choisi ce livre:


Je devais avoir une petite vingtaine d'années (c'était hier donc) lorsque j'ai lu le livre de Selma Lagerlöf. J'avais adoré. C'est un hymne à la nature, un appel au voyage et à la découverte de ce beau pays qu'est la Suède. Il trône d'ailleurs dans ma bibliothèque attendant patiemment que La Crevette soit en âge de le découvrir. 
Amatrice d'ornithologie, un de mes rêves serait d'aller voir l'envol des grues cendrées au lac de Der. Je n'ai malheureusement trouvé personne pour m'accompagner en plein mois de Novembre à 6H du matin pour assister à ce spectacle (avis aux amateurs!)
C'est pour toutes ces raisons que la quatrième de couverture m'a parlé.

Pourquoi j'ai aimé ce livre:


Le livre s'étale sur plusieurs décennies, le combat de Wilma pour ces oiseaux, les batailles qu'elle a du mener sont bien expliqué. C'est à travers son combat que le lecteur decouvre la tragédie de la disparition des espèces, les raisons pour lesquelles l'homme en est le responsable et les moyens qui ont été mis en place pour tenter d'y remédier. L'auteur s'est basé sur des faits réels autour desquels il a brodé cette histoire romanesque. Malheureusement je n'ai pas du tout été touchée par Wilma, je l'ai été beaucoup plus par Akka! J'aurais pu lire l'histoire de la protection de la grue blanche d'Amérique dans un magazine spécialisé, j'aurais été tout aussi intéressée. La partie roman est trop maladroite, l'écriture est banale, il y a trop de facilités dans le récit. Les thèmes abordés m'ont touchés et il s'agit d'un premier roman, j'ai malgré tout de l'indulgence pour l'auteur.

Ce livre est à découvrir pour qui aime les oiseaux et qui peut comprendre à quel point il est passionnant de s'installer dans un abri avec ses jumelles à observer la vie des oiseaux. Ceux qui sont sensibles aux causes écologiques y trouveront également un intérêt.
Les amateurs de belles histoires d'amour bien écrites passeront leur chemin.






mardi 23 août 2016

Challenge - Coupe des 4 maisons


C'est sur le forum de Livraddict que j'ai découvert ce nouveau challenge inspiré de l'univers d'Harry Potter.  Le but est de lire un certain nombre de livres qui doivent respecter des consignes expliquées dans la page de présentation. Chaque consigne validée rapporte des points. 

J'ai beaucoup, beaucoup aimé Harry Potter. Ce sont les rares livres que j'ai lu deux fois. Je suis admirative devant le travail de JK Rowling et l'univers qu'elle a crée me fascine toujours autant. Ce challenge m'a donc interpellé. D'autant plus que les organisateurs ont preuve d'une grande imagination pour transposer l'univers d'Harry Potter à ce challenge. Ce challenge se fait en équipe, on choisit une des quatre maison et les points sont gagnés pour la maison à laquelle on appartient. C'est un état d'esprit que j'aime beaucoup. 

Le challenge se déroule du 5 Septembre 2016 au 30 Juin 2017.

Serdaigle me voilà!!!






Si ça vous dit, vous pouvez jeter un oeil sur la liste des livres que j'ai prévu pour ce challenge. Et ça se passe ici



La nuit derrière moi - Giampaolo Simi


Quatrième de couverture:


Bien sous tous rapports, Furio est commercial dans une société d'imprimerie. Soigner son sourire et ses chaussures, tel est le secret, selon lui, du parfait vendeur. Il a une belle maison dans la province de Pise, une superbe femme, une fille excessivement gâtée pour qui il s'efforce d'être un père présent et compréhensif. Un modèle.
Mais, derrière les apparences, se cache la face sombre de Furio, qui rôde pour une raison obscure près d'un lycée où il épie les jeunes filles.
Quand il commence à rencontrer quelques soucis professionnels et qu'il découvre que sa femme, Elisa, lui ment, son "vernis de respectabilité" se craquelle peu à peu. La tension monte, jusqu'à devenir insupportable. Va-t-il parvenir à se contrôler encore longtemps?

Pourquoi j'ai choisi ce livre?


Choisi complètement au hasard dans les rayonnages de la bibliothèque municipale!

Pourquoi j'ai adoré ce livre?


Parce que le hasard fait parfois bien les choses, ce thriller m'a vraiment emballé. Nous voilà plongé dans le quotidien d'un homme, bien sous tout rapport et on assiste à sa lente dégringolade jusqu'à ce qu'il bascule complètement dans une folie meurtrière.
La narration est particulièrement originale, l'histoire est racontée par Furio, en alternance entre la première et la deuxième personne du singulier. Cet effet de style permet de plonger au plus profond de la personnalité de son personnage et en révèle tout sa complexité. Le "Furio" qui parle de lui à la deuxième personne est complètement détaché de son personnage, un brin cynique. C'est la façade, celle que tout le monde voit. Par contre quand il dit "je", il parle de son "moi" le plus profond, il n'y a plus aucun fard, c'est sa personnalité, trouble, qui se révèle. Le pourquoi de cette narration est révélée en milieu de livre, impossible à anticiper, une surprise à la limite de la grosse claque !
L'histoire devient passionnante, ce que je pensais lire en découvrant la quatrième de couverture est tout autre. Le lecteur se fait piéger par un écrivain qui maîtrise parfaitement son récit du début jusqu'à la fin. Beaucoup de sentiments m'ont animé pendant cette lecture, c'est un récit sombre, terrible, la personnalité de Furio fait froid dans le dos.

 Je ne peux en dire plus au risque de spoiler le livre, mais je ne peux que vous conseiller cette lecture d'un thriller qui gagne être connu.

Citations:


Mais tu minimises, tu évoques quelques amis, une soirée après une pizzeria. Tu croises les jambes, bras toujours étendus. Tu es le portrait décontracté de l'innocence qui jouit du portrait du soupçon impuissant. 

Mais si, dans une autre personne, tu n'aimes toujours et seulement que toi-même, un jour tu pourras la haïr avec une férocité qui ne peut déboucher, crois-moi, que sur la haine de soi.




mardi 16 août 2016

Le festin de John Saturnal - Lawrence Norfolk

Quatrième de couverture :


John a hérité de sa mère un grimoire qui compte la légende du festin des Saturnales. Engagé aux cuisines du manoir de Buckland, le jeune homme pénètre un univers de faste et d'abondance. Il s'éprend de Lucretia, la fille du maître des lieux, promise à son cousin. Parvenu à une maîtrise parfaite de son art, John prépare le repas de noces de Lucretia et Piers, quand on apprend que le roi a été destitué...

Pourquoi j'ai choisi ce livre :


Lorsque j'ai lu le général du Roi de Daphné du Maurier, je me suis aperçue que je connaissais bien mal l'histoire de l'Angleterre. C'est sur un forum littéraire que l'on m'a conseillé ce livre dont l'action se situe à la même époque, celle de la première révolution anglaise.

Pourquoi j'ai du mal à savoir quoi penser de ce livre!


J'ai rencontré quelques difficultés à la lecture de ce livre. Lawrence Norfolk nous emmène dans un monde étrange, entre légende et réalité historique. La frontière est floue et malheureusement je me suis bien souvent retrouvée perdue. La faute à de nombreuses ellipses, des voyages dans le temps non signalés en début de chapitre. Pourtant j'ai réussi à aller au bout,à la fois roman historique et roman initiatique, certains passages m'ont complètement envoûtée. Lorsque John rentre aux cuisines, nous sommes avec lui, nous entendons les cuillères dans les chaudrons, nous humons les odeurs des épices, nous nous émerveillons devant les pièces montées. Je vous renvoie vers la citation que j'ai choisie, c'est elle qui m'a vraiment fait rentrer dans l'histoire. L'auteur a vraiment travaillé son sujet et entre chaque chapitre, un intermède nous livre une recette de l'époque. L'histoire d'amour a réussi à faire vibrer ma fibre romantique. John est un personnage particulièrement charismatique et attachant.
Cela donne un récit inégal avec des moments magnifiques et d'autres passages plus complexes. 

Citations:


Une avalanche de bruits s'abattit sur John, éclats de voix, tintements de pots, de poêlons et de chaudrons, frottements de couteaux, bruits mats et saccadés, de couperets s'abattant sur les billots. Mais il les entendit à peine, car un grand flot d'arômes les submergeait, certains pénétrants, d'autres subtils: sucre broyés et fruits confits, pavés de bœuf suintants et chou bouilli, oignons blanchis, chaudes vapeurs de betteraves. des bataillons de pains fraîchement sortis du four s'alignaient, suivis de pâtisseries. Derrières les fumets des chapons rôtis et du bacon braisé s'exhalait l'odeur des gros jambons fumés suspendus dans le foyer de la cheminée. 

lundi 8 août 2016

Soie - Alessandro Baricco




Quatrième de couverture :

Ceci n'est pas un roman. Ni même un récit. C'est une histoire. Elle commence avec un homme qui traverse le monde et finit avec un lac qui est là, comme ça, dans les journées du vent. L'homme s'appelle Hervé Joncour. Le lac, on ne sait pas.
On pourrait dire que c'est une histoire d'amour. Mais si c'était seulement ça, ça ne vaudrait pas la peine de la raconter. Il y a aussi dans cette histoire des désirs et des souffrances, de celles qu'on connaît parfaitement, mais le vrai nom pour les dire, on ne le trouve jamais. Et de toutes façons, ce n'est pas amour. ( C'est très ancien ça. Quand on n'a pas de nom pour dire les choses, on se sert d'une histoire. Ça fonctionne comme ça. Depuis des siècles.)
Toutes les histoires ont leur musique. Celle-ci à une musique blanche. C'est important de le dire, parce que la musique blanche est une drôle de musique, déconcertante quelque fois: elle se joue doucement, et elle se danse lentement. Quand elle est bien jouée, c'est comme si on entendait jouer le silence, et ceux qui la dansent comme des dieux ,on les regarde et on a l'impression qu'ils ne bougent pas. C'est terriblement difficile, la musique blanche.
Il n'y a pas grand chose à ajouter. Peut-être faudrait-il préciser que l'histoire se passe au 19e siècle : juste pour que personne ne s'attende à y trouver des avions, des machines à laver et des psychanalystes. Il n'y en a pas ici.
Une autre fois peut-être.

Pourquoi j'ai choisi ce livre:

Toujours dans le cadre de mes recherches sur les belles histoires d'amour de la littérature,je suis tombée sur ce livre, à la quatrième de couverture bien intrigante. N'ayant jamais lu d'auteurs italiens, j'ai intégré ce livre au challenge des jeux olympiques.

Pourquoi j'ai aimé ce livre:

Voilà un livre bien étrange, qui tient plus du conte ou de la fable que du roman.
Installé dans le sud de la France, Hervé Joncour effectue une fois dans l'année un long voyage jusqu'au Japon afin d'acheter des oeufs de vers à soie. Nous sommes au 19e siècle, le Japon commence à s'ouvrir au monde et ce voyage l'éloigne des siens pendant de longs mois. Sa rencontre avec une femme "au visage de jeune fille" va le bouleverser.
Ce livre est très court (120 pages) et est écrit dans un style très épuré. Les descriptions sont réduites à leur strict minimum. Du personnage principal on ne sait que peu de choses. Son voyage entre France et Japon est écrit sur deux pages et est répété mot pour mot au fil du livre comme un refrain.
Car ce n' est pas ses personnages ou le choc des cultures que l'auteur s'est attaché à nous décrire. Il a voulu exprimer ces émotions suscitées par un simple regard, cette irrésistible et troublante attraction envers le mystère et l'exotisme, la souffrance que cela engendre chez l'épouse délaissée et la mélancolie d'Hervé Joncour lorsqu'il s'éloigne de l'être qui le bouleverse. C'est une histoire d'amour faite de silence, de suggestion, de frôlement...
Ce style minimaliste aurait pu me déplaire mais c'est là toute la force d'Alessandro Baricco; en peu de mots soigneusement choisi il fait de cette simple histoire d'amour un livre plein de poésie qui nous enveloppe de douceur, comme la soie...

Citations :

C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre. On aura remarqué que ceux là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.

C'est une souffrance étrange (...) mourir de nostalgie pour quelque chose que tu ne vivras jamais.