mardi 10 janvier 2017

Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini


Quatrième de couverture:


Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d'un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçon grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n'entament leur amitié. Jusqu'au jour où Amir commet la pire des lâchetés...
Été 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. "Il existe un moyen de te racheter", lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au cœur de l'Afghanistan, des talibans... et de son propre passé.

Quelques infos:


Edition: 10/18
Date de parution: 2006
Pages: 408


Mon avis:


 Alors que je cherchais un auteur pour compléter le challenge de JO, j'ai repensé à ce film vu il y a des années de cela et que je savais inspiré d'un roman écrit par un auteur afghan. Si j'avais gardé un souvenir assez vague de l'histoire, je me souvenais parfaitement d'avoir été profondément bouleversée par le destin d'Amir et de Hassan. C'est avec beaucoup d'émotion que je me suis plongée dans la lecture de ce roman.

La première partie se concentre sur l'enfance d'Amir dans le Kaboul des années 70. Il partage ses jeux d'enfants avec Hassan, le fils de son serviteur. Leur amitié est faussée par leurs différences d'origine et de condition. L'un va à l'école et sait lire, l'autre effectue des tâches ménagères et est illettré. Et même si Amir affiche parfois des airs supérieurs, il ressent beaucoup d'affection pour son ami d'enfance.

Au final, je restais un Pachtoune et lui un Hazara. J'étais sunnite et lui chiite. Personne n'y pouvait rien changer. Personne. Nous n'en étions pas moins des garçons qui avaient appris à marcher ensemble, et cela, l'histoire, les ethnies, la société et la religion n'y changeraient rien non plus.

 Mais tiraillé entre ses sentiments, l'opinion des autres et sa quête d'affection paternelle, Amir commettra une faute qu'il ne se pardonnera jamais. Cette faute signera la fin de leur amitié.
L'auteur a beaucoup développé dans cette partie la vie à Kaboul à cette époque, Les enfants allaient voir John Wayne au cinéma, ils jouaient au foot et couraient après leur cerf-volant. C'était une ville aux couleurs chatoyantes, belle et joyeuse. J'ai adoré cette immersion dans la culture afghane, j'ai aimé découvrir ces codes, j'aurais voulu goûter aux plats, et déambuler dans les rues de Kaboul entendre le rire des enfants. Le contraste entre l'Afghanistan merveilleusement racontée par Khaled Hosseini et l'image que nous avons pu voir aux JT n'en est que plus saisissant.

Voici le rituel que j'observe chaque année lors de la première chute de neige: je sors de la maison tôt le matin, encore en pyjama, en serrant mes bras contre moi pour me réchauffer. Je découvre l'allée du jardin, la voiture de mon père, les murs, les arbres, les toits et les collines ensevelis sous une couche de trente centimètres. Je souris. Le ciel bleu s'étend à l'infini et la neige est si blanche que les yeux me brûlent. J'en ramasse un peu et la fourre dans ma bouche, j'écoute le silence assourdi interrompu par le seul croassement des corbeaux. Puis je descend les marches du perron, pieds nus et j'appelle Hassan pour qu'il vienne profiter du spectacle.

Dans la deuxième partie, Amir et son père fuient le régime communiste qui a envahi l'Afghanistan. Dans d'affreuses conditions ils partent s'installer aux Etats-Unis. Leur relation évolue et j'ai été surprise de la facilité avec laquelle ils se sont adaptés à leur nouveau pays. Il laisse son passé derrière lui, se construit un avenir, vit du métier qu'il a toujours voulu faire. Mais, c'est une erreur de vouloir enterrer le passé; il s'accroche tant et si bien qu'il remonte toujours à la surface.

Et bien des années après que Amir devenu adulte retourne sur les terres de son enfance, racheter sa faute. Il découvre, horrifié, ce qu'il est advenu de son pays.

Revenir à Kaboul me procurait la même sensation que lorsqu'on rencontre par hasard un vieil ami perdu de vue et qu'on le découvre sans abri, démuni et durement éprouvé par la vie.


 Kaboul est en ruine, les talibans y font régner la terreur et il se retrouve confronté lui même à cette horreur. C'est la partie que j'ai le moins aimé. Si la description de Kaboul est particulièrement juste, j'ai moins adhéré à la fiction. Heureusement, la fin laisse plusieurs ouvertures, on échappe de peu à un super happy end qui aurait fait perdre toute crédibilité à l'histoire.

Je garde un très bon souvenir de cette lecture, j'ai eu un aperçu de l'histoire de Kaboul, ce qui a contribué à sa chute. C'est également une histoire de destin, de sens de la famille et de rédemption,




Challenge Les jeux olympiques: Pays: Afghanistan, Continent Asie
5 pays sur 10
Coupe des 4 maisons: Item Cho Chang (2e fois) livre dont le héros est asiatique: 5 points

lundi 9 janvier 2017

Le challenge des douze thèmes

En ce début d'année, de nombreux challenge fleurissent sur Livraddict. Devant tant de tentations, l'envie de participer est très grande. Grâce aux challenges, mes horizons littéraires s'ouvrent, je découvre des livres que je n'aurais jamais ouvert si je n'y avais pas été incitée, les discussions s'animent autour de certains livres... Alors, malgré mes deux challenges déjà en cours, je me suis décidée à participer au "Challenge des douze thèmes".
Le principe: Douze thèmes de lecture ont été défini par l'organisatrice, nous devons lire un livre par le thème de mois.
Les thèmes m'ont plu, ils sont compatibles avec mes autres challenges en cours et le rythme de lecture me convient parfaitement.



Les thèmes pour l'année sont:

Janvier: Thème "Un plaid, une cheminée, un chocolat chaud" Une lecture qui sent bon le feu de cheminée et qu'on a envie de lire en se blottissant chaudement avec un plaid et une boisson chaude.

Février: Thème "Coeurs sur toi" Février, c'est le mois des amoureux. Si on lisait une romance? Epoque, lieu, vous avez l'embarras du choix!

Mars: Thème "My tailoir is rich" Un livre dont l'action se passe en Angleterre.

Avril: Thème "Plume d'oie et cire à cacheter" Un classique de la littérature française ou internationale.

Mai: Thème "Têtes couronnée" Un roman ou une biographie dont le personnage central est un roi ou une reine.

Juin: Thème "Du Saint Laurent au Rio Grande" un livre dont l'action se passe en Amérique.

Juillet: Thème "Lecture sur le sable", un livre idéal pour la plage, que vous soyez en vacances ou non.

Août: Thème "Empreinte" ce mois ci, je vous propose de lire un roman policier. On en a tous un dans notre PAL! Encore une fois, le choix de l'époque, du lieu, des personnages, est libre.

Septembre: Thème "Grande Découverte" ce mois-ci, nous lirons un livre d'un auteur dont on découvre l'oeuvre.

Octobre: Thème "Rose", parce que c'est Octobre Rose, nous lirons donc un livre dont la couverture sera rose ou possédera des touches de rose.

Novembre: Thème "Thé matcha et poivre du Sichuan" Un livre dont l'action se passe en Asie, tous pays confondus.

Décembre: Thème "Noël et ses merveilles" Un livre dont le thème central est... Noël bien évidemment!

Pour plus d'infos, vous pouvez aller voir sur le forum de Livraddict ou bien sur le blog de A little Bit Dramatic.






jeudi 5 janvier 2017

Orgueil et préjugés - Jane Austen



Quatrième de couverture:


Pour les Anglaises du XIXe siècle, hors du mariage, point de salut! Romanesques en diable, les démêlés de la caustique Elizabeth Bennett et du vaniteux Mr Darcy n'ont pas pris une ride! Mais il faut parfois savoir renoncer à son orgueil. Et accepter la tombée des masques pour voir clair dans la nuit. Un classique universel, drôle et émouvant.

Quelques infos:


Edition: 10/18
Pages: 369
Parution: 1812


Mon avis:


C'est dans Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates qu'il est fait référence au roman de Jane Austen "Orgueil et préjugés". Cela a aiguisé ma curiosité et j'ai profité d'un petit tour à la bibliothèque municipale pour découvrir ce classique de la littérature anglaise.
Les 30 premières pages ont été un peu difficiles, je craignais que lire pratiquement 400 pages sur la vie de jeunes filles bonnes à marier ne suscite que de l'ennui. La suite du roman s'est révélée passionnante.

Plus qu'un roman d'amour, c'est avant tout une galerie de portraits de la bourgeoisie anglaise du 19e siècle. Nous faisons connaissance avec la famille Bennett et leur cinq filles. Leur obsession: se marier et trouver un bon parti. Pour cela il faut jouer des relations, suivre drastiquement les convenances, sortir, se montrer... Les nombreux bals et dîners de la région favorisent les entremises.
Derrière cette apparente frivolité, se cachent les difficultés des jeunes filles de cette époque où dans cette société misogyne, seul un beau mariage leur permettait de s'élever socialement et d'assurer leur avenir. 

M. Collins assurément n'avait ni jugement ni charme: sa compagnie déplaisait, et son attachement devait être imaginaire. Il n'en resterait pas moins son mari. Sans se faire une haute idée des hommes ou de la vie conjugale, elle s'était toujours fixé pour but le mariage. C'était la seule ressource honorable laissée aux jeunes femmes de bonne éducation et de maigre fortune et, malgré l'incertitude du bonheur qu'il offrait, nul autre moyen plus attrayant n'existait pour elle de se préserver du besoin. Cette garantie, elle la possédait maintenant et, à l'âge de vingt-sept ans, n'ayant jamais été belle, elle se rendait parfaitement compte de sa chance.

J'ai aimé la plume de Jane Austen qui se montre très critique envers ses personnages, dénonçant leurs travers et dressant des portraits parfois peu élogieux. Ceux de M. Collins et de Mrs Bennett sont particulièrement savoureux.


Mrs. Bennett elle-même avait une nature moins compliquée: d'intelligence médiocre, peu cultivée et de caractère inégal, chaque fois qu'elle était de mauvaise humeur elle s'imaginait éprouver des malaises nerveux. Son grand souci dans l'existence était de marier ses filles et sa distraction la plus chère, les visites et les potins.


La société dans son ensemble en prend pour son grade. L'opinion des uns se forge sur les rumeurs que font courir les autres. Avec finesse et ironie, elle analyse le comportement de ses contemporains et dénonce leur obsession pour l'argent et les bonnes mœurs, leur orgueil et leurs préjugés.

Je suis tombée sous le charme de cet roman élégant, grand succès de la littérature anglaise, porté par des personnages parfois charmants parfois insupportables et qui dresse le portrait de la société anglaise de cette époque.

A découvrir si vous ne l'avez pas encore lu!


Citations:


Tout compte fait, je crois que rien ne vaut un bon livre. On se fatigue de tout plus vite que de la lecture!

La vanité et l'orgueil sont deux choses distinctes, bien que les mots soient souvent utilisés l'un pour l'autre. On peut être orgueilleux sans être vain. L'orgueil a trait davantage à l'idée que nous nous faisons de nous-même, la vanité à ce que nous voudrions que les autres puissent penser de nous.

A sa femme, il n'était guère redevable, que pour son ignorance et sa sottise, d'une part de son amusement. Ce n'est pas le genre de contentement qu'en général un mari souhaite devoir à une épouse. Mais lorsque font défaut d'autres moyens de se procurer de la distraction, le véritable philosophe se satisfait de ceux qui lui sont offerts.


Ne songez au passé que lorsque vos souvenirs sont agréables.






Challenge Coupe des 4 maisons: Cours de botanique, un livre à la couverture fleurie, 20 points

jeudi 29 décembre 2016

Sur les hauteurs du mont Crève-Coeur - Thomas H. Cook





Quatrième de couverture:


"Qu'allait faire Kelli sur le mont Crève-Coeur ce jour là? Qu'allait-elle chercher, seule dans la profondeur de ces bois"
Trente ans après le drame, Ben demeure obsèdé par l'image du corps de Kelli tel qu'il a été découvert sur la hauteur de ce mont où, jadis, l'on organisait une course de Noirs avant les enchères du marché aux esclaves.
Dans un de ces flash-back troublants tel que Thomas H. Cook maîtrise à merveille, le lecteur revisite avec Ben, ancien condisciple de la victime devenu médecin de campagne, les événements qui ont bouleversé la petite communauté blanche et conservatrice de Choctaw, Alabama, au mois de mai 1962.
Le meilleur ami de Ben le soupçonne toujours d'en savoir plus qu'il ne l'admet sur l'agression de la jeune beauté venue de Baltimore: Kelli a-t-elle été tuée parce que Todd, le bourreau des coeurs local, avait plaqué sa petite copine pour elle ou parce qu'elle soutenait la cause des Noirs dans le journal du lycée?

Quelques infos:


Edition: Seuil
Parution: Août 2016
Pages: 316

Mon avis:


L'histoire est racontée par un Ben vieillissant qui replonge dans ses souvenirs de cette terrible année 1962. Avec nostalgie et culpabilité, il se rappelle l'adolescent qu'il a été, épris de liberté.... 
Ça ne vous rappelle rien? 
Moi si. J'ai lu en Mars 2016 Au lieu dit Noir-Etang que j'avais adoré. Le style de Thomas H. Cook m'avait tellement emballé que je me suis promis de le suivre. 
Sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur n'en est malheureusement qu'une copie. Ou plutôt une ébauche vu qu'il l'a écrit en 1995 alors que Au lieu dit Noir-Etang a été publié en 1997. (les publications en France ne respectent pas cette chronologie)
On y retrouve exactement les mêmes thèmes: l'adolescent solitaire qui se sent à l'étroit dans sa ville et qui découvre le sentiment amoureux, les dommages collatéraux du drame qui a secoué son lycée, les destins à jamais brisés, le temps qui passe, implacable....
Pour qui n'a jamais lu cet auteur, vous avez là un livre de qualité, les personnages sont bien travaillés, l'alternance du présent et du passé s'enchaîne sans lourdeur et le suspense est subtilement ménagé. Jusqu'au bout vous vous demanderez qu'elle est l'implication du narrateur dans l'agression de Kelli. Personnellement je n'ai guère été surprise puisque c'est la même ficelle que dans le livre cité précédemment.
Il y a malgré tout une révélation qui m'a étonné, mais que je n'ai pas crue et pour laquelle j'ai trouvé qu'il manquait des explications. 
Au final, j'ai clairement été déçue par cette lecture. Si Thomas H. Cook nous sert la même recette à chaque fois, je vais effectivement finir par me lasser. Dommage parce que j'aime beaucoup sa qualité d'écriture et la façon dont il met en lumière la psychologie de ses personnages.





Challenge Coupe des 4 maisons: Auror, un livre policier, 30 points





vendredi 23 décembre 2016

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffers et Annie Barrows




Quatrième de couverture:


Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivaine, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu natif de Guernesey, va le lui fournir? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l'occupant allemand: le "Cerlce littéraire des amateurs d'épluchures de patates". De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey...

Quelques infos:


Editeur: NIL
Date de parution: 2009
Pages: 391

Mon avis:


Ce livre m'a été offert, il y a quelques années de cela. J'en avais lu quelques pages, je n'avais pas accroché et j'ai remis sa lecture à plus tard. Et c'est beaucoup plus tard que je l'ai redécouvert, un peu oublié dans un carton. Cette fois-ci, le charme a opéré.

Le style épistolaire n'est pas facile à aborder. Pas le temps de faire connaissance avec les personnages que nous voilà déjà plongé dans leur intimité. Je crois que c'est ce qui m'avait rebuté lors de ma tentative de lecture inachevée. A ma deuxième lecture, je me suis aperçue que les auteurs avaient parfaitement maîtrisé cet exercice de style. Quel talent que de nous raconter une histoire à travers les échanges écrits des personnages, où ils évoquent leur caractère, leur goût, leur passé. Les scènes auxquelles nous ne pouvons pas assister sont retranscrites dans les lettres, tout cela dans une écriture au style délicieusement suranné. De fait l'immersion était totale et je me suis vraiment crue en 1946, à cette époque où le courrier était quasiment le seul lien entre les gens.

En 1946, l'Europe se relève, panse ses blessures, les gens réapprennent à vivre et à croire en l'avenir, cherchent le pardon. Cela doit être un de mes premiers livres sur le sujet, et j'ai apprécié de découvrir l'état d'esprit des personnages dans cet après guerre.

Dans leurs lettres, les habitants de Guernesey évoquent également l'occupation. C'est une partie de l'histoire que j'ignorais et effectivement quelle difficulté de vivre avec l'ennemi sur une si petite surface sans aucun échappatoire. Tout cela est raconté avec pudeur et dignité, sans jamais tomber dans le larmoyant même lorsque l'on apprend le tragique destin d'un des personnages.
J'ai également aimé la façon dont la lecture est mise en avant. Plus qu'une distraction lors d'une période difficile, l'amour des livres se transmet entre les différents habitants de l'île, il pousse les gens à se rencontrer.

A force de lire, de parler de livres et de nous disputer à cause d'eux, nous en sommes venus à nous lier étroitement les uns aux autres. D'autres insulaires ont voulu se joindre à nous et nos soirées se sont transformées en moments chaleureux et animés. A tel point que, de temps en temps, nous arrivions presque à oublier la noirceur du dehors.


On rajoute là dessus des petites touches d'humour ici et là, distillées par la personnalité lumineuse de Juliet, une petite histoire d'amour touchante et nous avons entre les mains un roman vraiment réussi, qui aborde de nombreux sujets dans lesquels chacun peut se retrouver.






Citations:


C'est ce que j'aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonction de manière géométrique, à l'infini, et c'est du plaisir pur.

Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais.

Quand mon fils Ian est mort aux côtés de son père, à El-Alamein, les gens qui me présentaient leurs condoléances ajoutaient souvent: "La vie continue", pour me réconforter.
Quelle bêtise me disais-je. Bien sûr que non elle ne continue pas. C'est la mort qui continue.
Ian est mort et il sera encore mort demain, l'année prochaine, à jamais. La mort est sans fin.
Mais peut-être y aura-t-il une fin à la tristesse.

Avez-vous remarqué que, lorsque votre esprit est focalisé sur une personne, sa présence se manifeste partout où vous allez? Mon amie Sophie appelle cela des coïncidences, et Mr Simpless, mon ami pasteur, la grâce. Il pense que quand on aime profondément une personne ou une chose, on progette une énergie à travers le monde qui lui apporte "la fécondité".


Challenge Coupe des 4 maisons: Batteur, un livre écrit à 4 mains, 25 points

dimanche 18 décembre 2016

6 minutes 23 séparent l'enfer du paradis - François Suchel


Quatrième de couverture:


C'était il y a un peu plus de cent ans, Clément Ader faisait décoller son premier "Appareil Volent Imitant l'Oiseau Naturel", ouvrant ainsi la voie aux aventuriers du ciel. Les pionniers écrivirent la légende, puis vint le temps de la démocratisation: le ciel ouvert à tous. Aujourd'hui, voyager en avion est devenu banal. Mais c'est aussi un métier... un métier qui intrigue.
Commandant de bord à Air France, François Suchel nous invite à parcourir la Terre à ses côtés pour comprendre ce qu'est la vie de pilote. De la préparation des vols au bonheur de traverser les nuages, en passant par les ambiances du cockpit, il confie ses sensations, ses émotions. Il évoque Georges, cet amical ennemi qu'est le pilote automatique. Il décrit un déroutement dans un pays en guerre, un vol de reconduits à la frontière qui tourne mal, un steward appelé aux commandes d'un Boeing 747, une fin de grossesse rocambolesque, un atterrissage périlleux avec un moteur en panne. Tous ces grains de sable qui transforment parfois un vol en aventure. il revient aussi sur la catastrophe du Rio-Paris, révélant pour la première fois la version d'un pilote de ligne qualifié sur Airbus A330.
Histoires vécues, anecdotes drôles ou graves, François Suchel nous fait rêver ou frissonner, ne nous laissant jamais indifférents.

Quelques infos:


Editeur: Paulsen
Parution: Janvier 2016
Pages: 219

Mon avis:


Depuis longtemps fascinée par l'aviation, j'attendais de pouvoir lire ce témoignage depuis que j'ai eu vent de sa sortie. 
Cette compilation d'anecdotes vaut le détour, François Suchel nous fait partager sa passion pour son travail avec enthousiasme.
Il nous parle de son métier aussi bien dans sa dimension scientifique notamment quand il décrit les procédures à suivre lors d'un embarquement ou d'un atterrissage mais aussi sous abord beaucoup plus poétique lorsqu'il parle des levers ou couchers de soleil auxquels il assiste confortablement assis dans son cockpit. Le côté humain n'est pas oublié lorsqu'il évoque les interactions entre les différents membres d'équipage.

C'est donc un panorama complet du métier de pilote de ligne que l'on découvre ici, une plongée dans les coulisses de l'aviation. Même si on y perd un peu notre latin face au vocabulaire professionnel utilisé ou aux explications scientifiques parfois un peu ardues, la lecture est malgré tout plaisante.

On perçoit toute la difficulté de ce métier qui permet à ces monstres d'acier de défier les lois de la gravité et où chaque paramètre négligé peut créer des pannes aux conséquences plus ou moins graves.
L'auteur évoque avec humilité et franchise les leçons qu'il en tire au quotidien.

À la fin du livre, l'auteur a inséré des schémas du cockpit de l'avion (quelle complexité !!!) ainsi qu'un lexique du vocabulaire et des acronymes utilisés. De quoi satisfaire les esprits curieux qui souhaitent découvrir le métier de pilote et les avions !




Challenge Coupe des 4 maisons: Mimi Geignarde, livre dont vous n'aimez pas la couverture, 15 points

mercredi 14 décembre 2016

Le sixième sommeil - Bernard Werber


Quatrième de couverture:


PHASE 1
Assoupissement
PHASE 2
Sommeil léger
PHASE 3
Sommeil lent
PHASE 4
Sommeil très profond
PHASE 5
Sommeil paradoxal
PHASE 6
Le sixième sommeil
Celui de tous les possibles

Quelques infos:


Editeur: Albin Michel
Parution: 30 Septembre 2015
Pages: 416

Mon avis:


Un peu soucieuse ces derniers temps, j'avais envie d'une lecture légère sans être trop optimiste, pas forcément drôle mais sans prise de tête. "Le sixième sommeil" était posé en évidence sur les rayonnages de la bibliothèque municipale et j'ai eu l’œil attiré par cette couverture que j'ai trouvé particulièrement jolie. Et je me suis dit qu'un Werber tombait à point nommé vu mon état d'esprit du moment. 

Et effectivement, la première partie du livre a parfaitement rempli son rôle. On y rencontre Jacques et sa mère Caroline Klein, chercheuse reconnue qui a fait de l'étude du sommeil et des rêves la mission de sa vie. En proie à des crises de somnambulisme qui la mettent en danger, elle veut percer le mystère de ses nuits. Cette partie du roman est distrayante et intéressante, j'ai aimé le personnage de Caroline. C'est une femme intelligente, avec du caractère, qui invite son fils à explorer les rêves pour mieux appréhender son quotidien. Son éducation l'aide à devenir un adulte bien dans sa peau.
Suite à un incident expérimental, elle est renvoyée du centre de recherche au sein duquel elle travaillait et disparaît mystérieusement. Son fils, devenu adulte part à sa recherche. Sur les conseils de son futur lui même rencontré en rêve, il part jusqu'en Malaisie rencontrer le peuple Sénoï qui fascinait tant sa mère.

Et là, ça se gâte. si la partie scientifique m'a accroché, celle "romanesque" m'a ennuyé. Autant le Jacques enfant était adorable et intéressant, le Jacques adulte est nonchalant, passif et particulièrement énervant. Quand au personnage de Franckie Charras, ancien soldat devenu narcoleptique suite à une vaccination, il m'a paru peu crédible. Et puis l'intrigue est faible et le message écolo assez insipide. (Je ne vais pas m'étendre sur la scène du restaurant malaisien qui m'a donné envie de vomir.) La description du mode de vie des Sénoïs est mal exploitée. L'intégration des héros est trop facile ce qui rend l'ensemble vraiment improbable.

Un roman inégal, pas inintéressant mais à des années lumières de la saga "Les fourmis" et "Les thanatonautes" sur le plan de la qualité. Dommage!




Challenge Coupe des 4 maisons: Aspic, livre noté en dessous de 13/20 sur Livraddict