vendredi 23 décembre 2016

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffers et Annie Barrows




Quatrième de couverture:


Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivaine, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu natif de Guernesey, va le lui fournir? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l'occupant allemand: le "Cerlce littéraire des amateurs d'épluchures de patates". De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey...

Quelques infos:


Editeur: NIL
Date de parution: 2009
Pages: 391

Mon avis:


Ce livre m'a été offert, il y a quelques années de cela. J'en avais lu quelques pages, je n'avais pas accroché et j'ai remis sa lecture à plus tard. Et c'est beaucoup plus tard que je l'ai redécouvert, un peu oublié dans un carton. Cette fois-ci, le charme a opéré.

Le style épistolaire n'est pas facile à aborder. Pas le temps de faire connaissance avec les personnages que nous voilà déjà plongé dans leur intimité. Je crois que c'est ce qui m'avait rebuté lors de ma tentative de lecture inachevée. A ma deuxième lecture, je me suis aperçue que les auteurs avaient parfaitement maîtrisé cet exercice de style. Quel talent que de nous raconter une histoire à travers les échanges écrits des personnages, où ils évoquent leur caractère, leur goût, leur passé. Les scènes auxquelles nous ne pouvons pas assister sont retranscrites dans les lettres, tout cela dans une écriture au style délicieusement suranné. De fait l'immersion était totale et je me suis vraiment crue en 1946, à cette époque où le courrier était quasiment le seul lien entre les gens.

En 1946, l'Europe se relève, panse ses blessures, les gens réapprennent à vivre et à croire en l'avenir, cherchent le pardon. Cela doit être un de mes premiers livres sur le sujet, et j'ai apprécié de découvrir l'état d'esprit des personnages dans cet après guerre.

Dans leurs lettres, les habitants de Guernesey évoquent également l'occupation. C'est une partie de l'histoire que j'ignorais et effectivement quelle difficulté de vivre avec l'ennemi sur une si petite surface sans aucun échappatoire. Tout cela est raconté avec pudeur et dignité, sans jamais tomber dans le larmoyant même lorsque l'on apprend le tragique destin d'un des personnages.
J'ai également aimé la façon dont la lecture est mise en avant. Plus qu'une distraction lors d'une période difficile, l'amour des livres se transmet entre les différents habitants de l'île, il pousse les gens à se rencontrer.

A force de lire, de parler de livres et de nous disputer à cause d'eux, nous en sommes venus à nous lier étroitement les uns aux autres. D'autres insulaires ont voulu se joindre à nous et nos soirées se sont transformées en moments chaleureux et animés. A tel point que, de temps en temps, nous arrivions presque à oublier la noirceur du dehors.


On rajoute là dessus des petites touches d'humour ici et là, distillées par la personnalité lumineuse de Juliet, une petite histoire d'amour touchante et nous avons entre les mains un roman vraiment réussi, qui aborde de nombreux sujets dans lesquels chacun peut se retrouver.






Citations:


C'est ce que j'aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonction de manière géométrique, à l'infini, et c'est du plaisir pur.

Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais.

Quand mon fils Ian est mort aux côtés de son père, à El-Alamein, les gens qui me présentaient leurs condoléances ajoutaient souvent: "La vie continue", pour me réconforter.
Quelle bêtise me disais-je. Bien sûr que non elle ne continue pas. C'est la mort qui continue.
Ian est mort et il sera encore mort demain, l'année prochaine, à jamais. La mort est sans fin.
Mais peut-être y aura-t-il une fin à la tristesse.

Avez-vous remarqué que, lorsque votre esprit est focalisé sur une personne, sa présence se manifeste partout où vous allez? Mon amie Sophie appelle cela des coïncidences, et Mr Simpless, mon ami pasteur, la grâce. Il pense que quand on aime profondément une personne ou une chose, on progette une énergie à travers le monde qui lui apporte "la fécondité".


Challenge Coupe des 4 maisons: Batteur, un livre écrit à 4 mains, 25 points

4 commentaires:

  1. J'ai un souvenir un peu effacé de cette lecture. Je l'ai lu il y a longtemps... faut dire ! :D Je me souviens m'être ennuyée à certains passages, mais j'avais apprécié les personnages et même certaines situations décrites. Le charme n'a pas opéré sur moi mais c'est un livre à lire ;)

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  2. Oui car c'est vraiment un excellent cru de roman épistolaire ! C'est la multitude des personnages qui m'a un peu perdue. Une fois que j'étais lancée, je l'ai quasiment lu d'une traite !

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  3. j'ai adoré ce livre, je l'ai en audible et c'est un régal ;)

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  4. C'est exactement ça, j'en serais presque à essayer la tourte aux épluchures de patates!

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